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 How does it sound to you, a new room-mate ? Bad. Δ Anarchy L. Adams

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MessageSujet: How does it sound to you, a new room-mate ? Bad. Δ Anarchy L. Adams   Ven 21 Avr - 22:11


❝ A new room-mate. ❞
- Sören & Anarchy -
I don't think people understand how stressful it is to explain what's going on in your head when you don't even understand it yourself. I'm pathetic and scared, yeah. But I don't want any help. Not because I'm happy the way it is; but because I'm sure that things would turn even more wrong.
 


Hier, on me disait "tu vas avoir un nouveau colocataire". Aujourd'hui, me voilà déjà agenouillé dans la chambre, en train de plier bagage. Et je n'étais pas sûr d'apprécier cette vitesse d'exécution.
En réalité, quiconque me connaissant pouvait dire que je n'aimais pas le changement. Peut-être était-ce car je venais d'un petit village où la routine était importante, ou peut-être car chaque gros changement dans ma vie avait toujours mal tourné. Que ce soit la disparition de mon père ou la dépression de ma mère. Même la découverte que "Papa" était vivant n'avait pas bien tourné, puisque ça voulait aussi dire qu'il m'avait abandonné... Et me refilait en plus de ça une petite soeur inconnue dont je devais m'occuper.
Alors non, je n'aimais pas le changement, car j'étais persuadé que comme à chaque fois, cela allait me revenir en pleine figure.

Après tout, mon ancien colocataire n'était pas exactement un ami, mais il était suffisament aimable, me prenait les cours si jamais j'en ratais, et surtout (surtout) ne posait pas trop de questions. Il me laissait en paix lorsque j'étais malade, et n'avait plus rien dit sur mes bleus après la première nuit. Cela, je ne pouvais qu'apprécier. Et je n'avais aucun moyen d'être sûr que ce nouveau colocataire en ferait de même. Ni même que celui-ci m'apprécierait d'ailleurs.
Alors en paquetant mes dernières affaires, j'avais le coeur lourd. C'étais moi qui changeait de chambre de plus, et non le contraire. Un changement de plus. Je m'étais pourtant habitué à cette chambre...
Ma seule consolation, si l'on pouvait dire, c'est que mon actuel camarade de chambre se retrouvait collé avec un de ses amis. Ça faisait au moins une personne contente de l'arrangement

La dernière cravate trouva sa place auprès de ses soeurs, et je refermai bientôt ma valise; et avec elle une petite page de ma vie scolaire. Oh, une bien petite page oui; je n'avais emménagé ici qu'à la rentrée après tout mais... Une page quand même. Avec un léger soupir, je me relevai en prenant  ma valise, et me dirigeait vers la porte. Personne à qui dire au revoir, mon colocataire était en cours contrairement à moi. Peut-être plus tard. A condition que je le revois cependant, le château était grand, et nous n'avions pas tant de cours ensemble. Je songeais distraitement que ce ne serait qu'une personne de plus à quitter ma vie. Pas la première, ni de la plus douloureuse manière.

Marchant dans les couloirs en direction de la Chambre 13, je restais songeur et avançai à pas lents. Je songeais à qui pouvait bien être mon nouveau colocataire - un Hurlevent bien sûr, et de mon année m'avait-on assuré mais qui ? Je ne connaissais pas assez de mondes pour faire des présomptions -, au numéro de ma chambre et à l'amusante coïncidence que cela faisait - le numéro 13, vraiment ? C'était à se demander si ils avaient vérifié tout mon dossier avant de m'attribuer ma nouvelle chambre, pour qu'elle reflète au mieux ma vie. Presque aussi risible et pathétique que moi -. A propos... De ma vie tout simplement. Je préférais ne pas trop réfléchir en présence des gens de manière générale; car je savais bien que je n'étais qu'un livre ouvert, et que mon corps reflétait chaque pensée qui venait à trotter dans ma tête. Et dès lors que je réfléchissais à mon été, ou à ma mère, aux mensonges dont je nourissais les gens... Je me raidissais nettement, ce qui amenait les gens à se poser des questions tels que "Est-ce que ça va Sören ?" ou "J'ai dit quelque chose qui t'a énervé ?". A celles-ci la réponse était toujours Non. Ou Oui d'ailleurs. Pour ce que ça valait, je ne savais même plus. A force de clamer haut et fort combien tout allait dans ma vie, j'allais finir par me convaincre moi-même... Jusqu'aux prochaines vacances bien sûr.

Avant, j'avais le club pour ça : le Boulevard. C'était tranquille, agréable. Je pouvais discuter avec des gens qui avaient parfois une vie aussi pourrie que la mienne et, bien que ce soit détestable, j'appréciais ça. Bien sûr, je ne leur souhaitais que d'aller mieux, et par mieux j'entendais mieux que moi et mieux que mal. Mais il y avait quelque chose d'irremplaçable dans le fait de discuter avec des personnes qui ne te balançaient pas leur bonheur au visage à chaque mot.
Un peu comme Lily maintenant en réalité.
Je fronçais le nez, préférant ne pas m'aventurer sur des terrains aussi dangereux, et en revenait à d'autres pensées.
Oui, avant j'avais le Boulevard pour ça. Mais maintenant... Il était au courant. Et c'était alors difficile de se rendre là-bas pour sursauter à chacune de ses apparitions, et néanmoins prétendre que tout allait parfaitement bien. Alors mes visites avaient commencé à s'espacer; et puisque j'avais toujours raconté à tout le monde combien je voulais juste aider les autres, personne ne s'était trop alarmé. Sören s'était juste lassé de cette idée stupide d'aider les tarés du Boulevard. Je l'avais entendu celle-là, et j'avais préféré les laisser dire. Après tout, mes anciens camarades de Club ne pensaient sans doute pas mieux de moi maintenant, surtout si Anarchy les avait mis au parfum... J'espérais secrètement qu'il ne l'aie pas fait. Cela correspondrait à l'imge que je me faisais de lui, et rendrait le tout beaucoup plus simple en effet.
Et puis... Il avait tenté de m'aider au Bal non ? Sûrement il ne s'amuserait pas à m'enfoncer auprès des autres ?
Si ce n'est que j'avais fui. Encore, même si plus discrètement.
Alors si avec ça tu ne l'as pas énervé mon Sören, je ne sais pas ce qu'il te faut.
Oui, mieux valait ne pas s'abrutir d'espoirs idiots finalement. La chance, ce n'était pas mon domaine, plutôt le contraire en fait.
Preuve en était par la plaque de métal, soigneusement gravé d'un 13 en face de moi.

Avec une profonde inspiration, pour rassembler mon courage, je poussai la porte, mes yeux rivés sur le sol. Passionnant carrelage oui. Qui est-ce que j'essayais de tromper. Avec un soupir étouffé, je relevais les yeux, annonçant poliment ma présence.

« Salut, je suis le nouveau colocataire. Sören Mikkelsen, ravi de- »

Je sentis mon visage se figer, la reconnaissance emplissant rapidement mes traits. La fin de ma phrase flotta légèrement dans l'air, un "te rencontrer" à peine audible. Une large boule sembla peser dans ma gorge, m'empêchant de réagir calmement, et un dernier mot franchit mes lèvres.

« A-Adams... »

Mon dieu, le numéro 13 n'avait jamais semblé plus adapté à ma situation.
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❝ J'suis pas bien dans
ma tête, maman ❞

Je perds l'équilibre, sur mon triste manège; sous le soleil d'été, je vois tomber la neige; on n'se moque plus de Dieu, quand les peines nous assiègent.
Si l'espoir meurt, pourra t-il renaître ? × BY LIZZOU


Dernière édition par Sören A. Mikkelsen le Dim 23 Avr - 13:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: How does it sound to you, a new room-mate ? Bad. Δ Anarchy L. Adams   Ven 21 Avr - 23:15

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« Je ne le supporte plus. »

Et ça me coûtait d’admettre une chose pareille. Pas seulement parce que mon colocataire était vraiment le dernier des idiots, mais aussi parce que n’aimais pas donner d’opinion négative à l’attention de qui que ce soit. Même Asmodan Winterfell, et pourtant, qui sait à quel point cette fille m’inspirait une profonde antipathie. Quoi qu’il en soit, je ne pouvais passer une nuit de plus dans la même chambre que lui, et avais fait une demande cordiale auprès de notre conseillère d’éducation pour aller ailleurs.

« Je comprends bien cela Monsieur Adams, mais je suis au regret de vous annoncer qu’il n’y a plus de chambre vide disponible pour cette année. Mais nous pouvons toujours échanger votre colocataire avec un autre élève. »

N’importe qui plutôt que ce type ferait l’affaire, aussi m’étais empressé d’accepter la proposition, pressé de dire adieu à mon colocataire une bonne fois pour toute. Après ça, j’étais allé annoncer l’heureuse nouvelle au principal concerné, qui, par une chance bienheureuse, allait se retrouver un ami à lui. Bien qu’agacé par son comportement puéril, je ne pouvais m’empêcher d’être content pour lui. Tant que cette affaire ne faisait que des heureux, tout allait pour le meilleur. De toute façon, c’était soit ça, soit je l’étranglais moi même avec toutes les affaires sales qu’il laissait toujours traîner partout. S’il voulait mourir dans la dignité, il valait mieux pour lui de faire ses bagages et de ne rien laisser derrière lui. Je jure de devenir très violent si un jour je le revois passer le pas de ma porte, et c’est peu dire. Je n’aime pas spécialement proférer des menaces, mais il est des gens qui finissent vraiment pas vous insupporter, comme lui, fuissiez-vous Gandhi ou Bouddha, vous ne pourriez pas garder votre sang-froid plus d’une heure.

Le lendemain, c’était un véritable soulagement de fermer la porte derrière pour ne jamais revenir. J’en aurais presque sauté de joie, mais ma conscience m’envoyait des signaux de bon sens, me hurlant que cela aurait été d’un ridicule, et que j’aurai été, à mon tour, aussi puérile que mon ex-colocataire. Je venais de me rendre compte que je ne connaissais même pas son nom, mais ce n’était pas bien grave. Qui s’en souciait maintenant ? Moi même, sans doute.
Mes pensées dérivèrent naturellement vers le silence presque apaisant de la pièce. Plus de solo de guitare à huit heures du matin le dimanche, plus de rap de mauvais goût à la radio, plus de cheveux dans le lavabo de la salle de bain, et plus d’accusations stupides. Ah. J’en aurais bouffé, des paquets de chips, cette année. Il a de la chance, néanmoins. Certains n’ont pas mon sang-froid, et pourtant je suis un loup-garou, et je suis conscient de ne pas avoir les gênes les plus placides du monde. Je suppose que toutes ces années dans les Bas-Fonds m’auront forgé le caractère.
Les clients, la patronne, voler pour bouffer, ne pas faire de vague pour survire. Machinalement, ma main glissa vers mes côtes, là où se situait l’horrible cicatrice qui n’aura jamais vraiment disparu. L’irrégularité de la peau sous mes doigts me donne envie de vomir. Penser à tout ça, c’est comme revivre une seconde fois toute cette merde. Mais je les sentais encore, leur mains.
Et je revois encore son visage. A lui.

Non.
Je ne devais plus penser à ça. Plus maintenant. C’était terminé … N’est-ce pas ? J’espérai que ce ne soit pas un rêve, tout ça, et que je ne me réveille pas au beau milieu de la nuit dans notre grenier miteux, à Samira et moi. Sans m’en rendre compte, j’ai laissé tomber le livre que j’avais dans les mains. Le bruit sourd de l’objet entrant en contact avec le sol froid m’aura au moins fait réagir, me ramenant à la réalité. Je fixais les pages encrées ouvertes devant moi, pour finalement me pencher, et attraper le livre, mais c’était sans compter sur un nouveau venu. Le grincement significatif de la porte, et personne n’ayant frappé avant d’y être invité, je supposai naturellement que mon ancien colocataire était revenu pour chercher quelque chose, si bien que je me suis retourné, les sourcils froncés, pour l’envoyer paître, mais le visage familier qui se tenait face à moi me frappa à la manière d’une gifle particulièrement violente.
J’ai laissé tomber mon livre une seconde fois.

« Salut, je suis le nouveau colocataire. Sören Mikkelsen, ravi de- »

Il s’est figé, lui aussi, lorsqu’il s’est rendu compte à qui ont l’avait assigné pour le restant de l’année. Et une chose était certaine : l’administration n’allait pas nous placer ailleurs une seconde fois. J’aurais bien ris de la situation ridicule dans laquelle nous nous étions fourré, mais je n’en avais ni l’envie, ni l’énergie. De toute manière, je doute que ça aurait été bien interprété.

« A-Adams... »

Lui-même, aurai-je eu alors envie de lui lancer, acerbe, mais une fois de plus, les mots n’ont pas voulu passer la barrière de mes lèvres. Je n’étais pas en colère, ou peut-être que si, mais je n’avais pas envie de lui montrer. Ce n’était pas correct, compte tenu que j’étais en partie responsable du fiasco qui nous avait mis en froid, mais d’un autre coté, j’aurais aimé qu’il soit un minimum correct avec les autres membres du Boulevard. Il avait déserté le club, n’avait donné de nouvelles à personnes, et les rumeurs de couloir avaient vite circulé, merci le club journalisme.
Au bal aussi, il m’avait royalement ignoré, tandis que j’avais essayé – dans un élan certes peu subtil – de l’aider et de m’excuser de mon intrusion dans sa vie privée. Mais le fait qu’il se soit éclipsé avant même que je ne puisse m’expliquer avait dissipé tout moyen de discussion. Dès alors, j’avais décidé d’arrêter de courir après la rédemption. On en peut pas forcer quelqu’un à nous supporter si il refuse de se trouver dans la même pièce que vous. Alors quoi ? Je n’étais pas capable de comprendre la raison pour laquelle il avait des bleus dans le dos, les hanches, les cotes ? Il n’est pas le seul à avoir des cicatrices, et s’il pense vraiment m’avoir choqué, il se trompait lourdement. Mais ce n’était pas le moment de lui faire des reproches, et puisque nous étions destinés à nous supporter jusqu’aux prochaines vacances, c’était naturellement à moi de faire des efforts. Aussi parce que j’étais celui qui avait fait une demande pour changer de colocataire.

« Mikkelsen ... » Ai-je alors simplement prononcé, faute de mieux.

Pathétique. Trouve mieux que ça si tu ne veux pas passer pour un demeuré, comme l’autre fois. Au moins, je n’étais ni bourré, ni en train de décuver, ce qui me donnait l’avantage d’avoir les idées claires et de réfléchir pleinement. Je me suis de nouveau penché pour ramasser le livre, pour ensuite le poser sur le bureau avant de me retourner vers Sören. Sans vraiment le vouloir, je l’ai détaillé de haut en bas. Il était comme d’habitude, et rien ne laissait supposer qu’il fut blessé deux semaines plus tôt. Il était normal. Un monsieur tout le monde comme on en trouve beaucoup dans cette école. Et instinctivement, j’avais du mal à m’intéresser à ce genre de personne. Pas par mépris, mais parce que ce genre de comportement qui laisse penser que votre personnalité se résume à celle d’un robot me met mal à l’aise. Et je déteste être mal à l’aise.

« Je te laisse t’installer comme tu l’entends. »

Et sur ces mots, je suis allé m’enfermer dans la salle de bain adjacente. Respire mon vieux, tout va bien se passer. Je me suis appuyé contre le lavabo, avant de relever la tête vers le miroir. Pitoyable reflet qu’il me renvoyait. Triste. Fatigué. Usé. Négligé. Est-ce que les gens me voient comme je me vois ?

Est-ce que je suis toujours aussi paumé, ou est-ce juste l’effet Mikkelsen ?


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MessageSujet: Re: How does it sound to you, a new room-mate ? Bad. Δ Anarchy L. Adams   Ven 21 Avr - 23:58


❝ A new room-mate. ❞
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Mes yeux retrouvèrent immédiatement le sol, et je sentis mes oreilles chauffer. Honte et gêne m'empêchaient de le regarder en face, mais j'avais eu le temps d'inspecter son visage, ne serait-ce que brièvement.
Il s'était figé, surprise, choc, un semblant de colère passant sur son visage avant qu'il ne s'efforce d'afficher une expression neutre à défaut d'aimable. Et il n'avait pas meilleure figure que l'autre fois à l'infirmerie.
Hésitant, je relevais légèrement les yeux vers lui; prenant en compte ses traits tirés, ses cheveux négligés, ses yeux fatigués. Quelqu'aie été la cause de sa mauvaise mine alors, c'était encore à l'oeuvre aujourd'hui.

« Mikkelsen... »

Mon nom sembla claquer dans la chambre, et je ramenai immédiatement mon regard vers le sol, tendu. Il était en colère. Je ne savais pourquoi il essayait de le cacher, mais je le savais. Je le sentais. Tout comme ma mère, comme les gens en général. Deviner lorsqu'une personne était en colère, c'était une question de survie. Ou peut-être que j'en faisais trop, mais cela restait très important.
Et là, Anarchy Luka Adams était en colère.
J'empêchai ma respiration de se bloquer à cette pensée, devinant vaguement que cela ne ferait que l'irriter un peu plus, et me rabrouait de réagir ainsi. Bien sûr qu'il était en colère. Je l'avais évité comme la peste pendant des semaines, même au Bal alors qu'il m'avait aidé. Je m'y étais préparé. Je le savais.
La réalisation n'en était pas moins effrayante et... douloureuse.
Je n'aimais pas que les gens soient en colère. Ça me faisait peur. Mais j'aimais encore moins que lui soit en colère. Même si j'avais refusé de discuter avec lui depuis l'incident de l'infirmerie, je ne le détestais pas... Pas plus qu'un autre, on aurait même pu dire que je l'appréciais.
Mais mon secret était un sujet bien trop sensible à mes yeux pour que je continue à le côtoyer normalement. Plus après Lily. Je ne voulais pas que les gens sachent, je n'avais plus envie d'en parler. Je ne voulais rien de plus que l'oublier moi aussi pendant ces quelques mois d'école. Laisser ces plaies guérir avant que d'autre les remplace. Et pourtant...

« Je te laisse t’installer comme tu l’entends. »

Cette indifférence sourde ne me rassurait pas comme elle l'aurait dû. Et pourtant, c'était ce que j'espérais. Ce que j'aurais du espérer.
La porte de la salle de bain claqua, avec Anarchy à l'intérieur. Je restais un instant planté là, dans cette chambre déserte et soudainement presque trop grande. Aurais-je été plus proche de la rentrée, plus proche de mon maudit été, j'aurais pu suffoquer et paniquer. Mais je m'étais calmé depuis. Je me convaincrais bientôt que tout allait bien.
La chambre semblait juste trop vide.
Sans un mot, je posais ma valise près du lit qui semblait inoccupé, et entreprenait de l'ouvrir et d'installer mes affaires avec attention. Une vieille habitude de la maison, dont je ne parvenais pas à me débarasser. Ma mère avait l'habitude de faire un fatras de tout, et moi de repasser derrière elle. J'étais ordonné maintenant, parfois trop. Je ne pouvais pas m'en empêcher, c'était au moins une chose que je pouvais faire bien.
Ranger et ordonner tous mes biens ne me prit pas longtemps; je n'avais que mes vêtements et mes cours dans ma valise, et une partie y restait de toute façon. Enfin... Mes vêtements, mes cours et... Ma trousse.
Mon regard mordoré se planta sur la petite sacoche blanche qui contenait tous mes médicaments, et mon estomac se tordit. Dans la salle de bain.
Anarchy était assez sympathique pour me laisser en paix, et il fallait que j'aille le déranger. Vraiment, est-ce qu'on pouvait faire plus irritant. Et pourtant, je ne pouvais pas la laisser traîner ici, à la vue de tous. Est-ce qu'Anarchy invitait des gens dans sa chambre d'ailleurs ? Mon ancien colocataire préférait sortir. J'espérais que le blond faisait de même.

Avec une large inspiration pour rassembler mes dernières parcelles de courage - celle que ma mère n'avait pas encore écrasé - je m'emparais de ma trousse de médecine, et allais doucement toquer à la porte de la salle de bain. Une fois sûr d'avoir la permission, je l'ouvrais doucement pour me retrouver face au Hurlevent, pas en meilleur état depuis mon arrivée. Je ne l'observais en face qu'un instant, avant d'à nouveau laisser mon regard tomber au sol, dans un attitude de soumission presque habituelle. Puis, le ton incertain, de lâcher

« Je-... Désolé. Tu-tu as une armoire à pharmacie ? »

Je soulevais légèrement ma trousse blanche pour la mettre en vue, lui jetant un regard interrogateur mais inquiet par en bas. Comment allait-il réagir ? Je doutais qu'il perdit son calme - il semblait plus composé que ça, lui - mais je m'agaçais moi-même alors comment ne pourrait-il pas l'être ? Je m'humectai nerveusement la bouche, sans aucune idée sur la suite des évènements... Puis sans même le vouloir, ma culpabilité et ma crainte semblèrent précipiter des mots que je n'avais pas prévu hors de ma bouche.

« Je suis désolé. Pour... tout. »

Et c'était vrai. Je m'en rendis compte dès que les mots quittèrent ma bouche. Je ne savais pas réellement ce que j'englobais dans ce tout, mais c'est ce qui semblait le plus juste. Et même si je comprenais parfaitement qu'il soit énervé et irrité contre moi - ma propre mère l'était toujours, je ne pouvais pas en demander plus aux autres -, je voulais au moins, au moins ne pas me détester. J'avais assez de gens qui le faisaient pour moi, merci. Alors...
Désolé. Oui je l'étais. Je ne voulais pas qu'il croit que c'était sa faute ou quoique ce soit, vraiment pas. C'était juste.. moi. C'était toujours à moi que ça revenait. Moi et mes réactions stupides. Moi et mon pathétisme. Mais surtout pas lui, et je voulais qu'il le sache. Car c'était devenu tellement plus naturel pour moi de prendre plus soin des autres que de moi-même.
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Je perds l'équilibre, sur mon triste manège; sous le soleil d'été, je vois tomber la neige; on n'se moque plus de Dieu, quand les peines nous assiègent.
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MessageSujet: Re: How does it sound to you, a new room-mate ? Bad. Δ Anarchy L. Adams   Sam 22 Avr - 14:27

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J’aurais aimé que l’eau fraîche me fasse du bien, mais ce n’était pas le cas. Le simple contact de l’eau contre mon visage ne changea rien, sinon dégouliner sur le haut de mon t-shirt. Et je restais là, à fixer mon propre visage sur la surface sale du miroir qui aurait bien besoin d’être nettoyée une bonne fois pour toute. Je n’aimais tout simplement pas l’image qu’il me renvoyait, les stigmates de la fatigue encrés sou mes yeux, l’air morose qui ne voulait pas, ou plus, me quitter. Dans un élan de colère, j’ai frappé l’objet. Hormis me faire mal, je n’avais pas réussis à faire plus, sinon m’énerver encore plus. C’est d’un ridicule.
De l’autre coté de la porte, je n’entendais rien. Pas un bruit, pas de signe de vie, si bien que pendant l’espace d’un instant, je crus bien que Sören s’en était allé. Il ne m’avait pas regardé une seule fois dans les yeux, et m’avais tout juste adressé la parole, si ce n’est que pour exprimer sa surprise. J’imagine que ça doit être un coup dur de se retrouver coincé avec le type qu’on a certainement le moins envie de voir actuellement. Et je dis ça en connaissance de cause : je venais d’envoyer mon ancien colocataire dormir ailleurs parce qu’il m’insupportai.
Preuve qu’il n’avait pas prit ses jambes à son cou, Sören vint frapper à la porte de la salle de bain. J’ai grogné un vague oui, avant de me retourner vers mon nouveau colocataire pour le meilleur comme pour le pire, qui s’était enfin décidé à me regarder en face. Il y a un début à tout, dit-on, mais mon enthousiasme fut de courte durée, car il se remit à admirer le sol à la seconde d’après. Si j’avais été un Dragsmir, je l’aurais certainement déjà secoué comme un prunier pour le faire réagir, mais ce n’était pas le cas, et je me contentais de le fixer sans prononcer un mot.

« Je-... Désolé. Tu-tu as une armoire à pharmacie ? »

Il avait l’air terrorisé.
C’est toi.
Est-ce que je lui faisais peur ? Vraiment ? Ou y avait-il une raison plus sombre derrière tout ça ? Comme je n’étais pas dans sa tête, aucune moyen de savoir pourquoi il agissait de cette manière. Dans un élan de compassion, je lui ai désigné le petit placard en hauteur, à deux pas du miroir devant lequel je me tenais. J’allai sortir pour le laisser en paix, mais avant que je ne puisse faire le moindre mouvement, il parla de nouveau.

« Je suis désolé. Pour... tout. »

Je haussai un sourcil inquisiteur, avant de soupirer, et de croiser les bras, soudainement raidi par on-ne-sait quelle raison. J’aurai bien voulu lui offrir un sourire, mais dans la situation actuelle, je n’en avais pas spécialement envie. Et je ne suis même pas certain de pouvoir réussir. Néanmoins, je plantai mon regard dans le sien.

« Pas de soucis, mais tu devrais réserver tes excuses aux autres membres du Boulevard. »

Ce n’était pas un ordre, ni même un conseil, mais j’estimai avoir moins besoin de ses mots que les autres. Parce que j’étais le seul à connaître la raison derrière son absence. J’ai alors lâché un autre soupir, avant de le contourner et de retourner dans la chambre, laissant la porte derrière moi.
Las, je me suis assis sur la chaise tournante du bureau, en attendant qu’il revienne. Puisqu’il semblait ouvert à la discussion, autant terminer cette histoire une bonne fois pour toute. Il était temps d’y mettre un terme.
Je m’étais perdu dans le vague, jusqu’à ce qu’il revienne. Lorsque j’ai levé les yeux vers lui, je ne savais pas trop par où commencer, mais une chose était sûre : il fallait parler.

« Maintenant … J’aimerai que tu me parles de ce que j’ai vu. Et ne me dis pas que tu es tombé dans les escaliers, j’ai suffisamment utilisé cette excuse pour savoir que c’est le mensonge le plus stupide qu’on puisse utiliser. »

Simple, efficace, direct. Pas besoin de passer par quatre chemin pour connaître la vérité quand on peut dire ce que l’on pense. Néanmoins, je n’étais pas si confiant. S’il le voulait, il pouvait prendre la fuite. Encore une fois. Et comme d’habitude, je le laisserai partir par peur de le blesser. Mais était-ce le blesser que de vouloir l’aider ? Ce n’était pas un tord, et ce n’est pas comme si j’essayai de lui faire du mal. De toute manière, est-ce qu’il s’en souciait vraiment ? Je suppose qu’il ne s’est pas fait ces marques tout seul comme un grand.
Après tout, je bien connaissais ce genre de blessures.

« Écoute … Je ne suis pas ton ennemi, Sören. »

Stupide.
Tu peux faire mieux que ça.

Ces mots sonnaient étrangers dans ma bouche. Je n’arrivai pas à croire que j’étais en train de prononcer des conneries pareilles. Il y a tout juste un an, je n’aurais pas imaginé jouer les supers-héros pour rendre le monde plus accueillant qu’il ne l’est vraiment. Cette même époque où je ne me souciais même pas de mes propres problèmes, alors comment aurais-je pu m’occuper de ceux des autres ? Mais maintenant que j’avais tout perdu, bien comme mal, que me restait-il, sinon cette empathie moralisatrice qui m’agaçait tant autrefois ?
Je n’étais plus moi-même.
Pour quelle stupide raison est-ce que j’essayais de toujours tout arranger tout en sachant que je ne faisais qu’empirer les choses ? Ah oui, cette saloperie qu’on appelle culpabilité. Et remords. Et Souffrance. Tous ces ingrédients réunis pour te laisser croire que tu peux repêcher les autres quand tu remarques qu’ils sont en train de se noyer.

Et si seulement je pouvais repêcher Sören Mikkelsen.

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❝ A new room-mate. ❞
- Sören & Anarchy -
I don't think people understand how stressful it is to explain what's going on in your head when you don't even understand it yourself. I'm pathetic and scared, yeah. But I don't want any help. Not because I'm happy the way it is; but because I'm sure that things would turn even more wrong.
 


Ma trousse soigneusement déposée à la place indiquée, j'attendais la réaction d'Anarchy avec un semblant d'inquiétude. La première que j'obtenus fut un sourcil soulevé  et je restais en attente, le doute me tuant de l'intérieur. Pourquoi avais-je pensé qu'il accepterait mes excuses, ce que je pouvais être stupide, je n'avais sans doute fait que l'énerver encore plus. Il se raidit avec un soupir et croisa les bras. Comme un miroir, je me tendis aussitôt et évitai son regard, presque mortifié. Il était toujours irrité. Oh que devais-je faire avec ça ? Déjà je me préparais à fournir des excuses plus fournies, une dizaine de formulations me venant à l'esprit par force d'habitude mais il m'interrompit.

« Pas de soucis, mais tu devrais réserver tes excuses aux autres membres du Boulevard. »

Ça ce n'était pas ce à quoi je m'attendais. Je relevai vers le blond un regard perdu, le sens de sa remarque m'échappant. Le Boulevard ? Pourquoi m'excuser auprès d'eux ? Après tout c'était à lui que j'avais fait du tort, en fuyant sans arrêt alors qu'il ne m'avait fait aucun mal... Enfin, excepté la crise de panique qu'il m'avait flanqué à l'infirmerie mais je pouvais difficilement compter ça comme un mal fait à ma personne volontairement. Le fait restait que mes excuses lui étaient adressées, et je ne parvenais pas à voir le lien avec le Boulevard même en réfléchissant furieusement. Ce n'était pas comme si j'allais leur manquer. Après tout, nous n'étions pas des amis, et Lily n'avait pas eu tant de problèmes à passer à autre chose. Peut-être s'étaient-ils posés quelques questions les premiers jours mais c'était sûrement fini maintenant ? J'avais entendu les murmures de couloir, je savais que certains se demandaient ce que je faisais avec eux là-bas de toute façon. Alors... Pourquoi ? Je ne comprenais pas ce que voulait Anarchy.

« Quoi ? Pourquoi ? I-Il s'est passé quelque chose ? »

Je ne pensais pas que mon absence aie pu avoir aucun impact sur leurs vies mais Anarchy ne semblait pas du même avis alors... Qu'est-ce que j'avais encore fait de travers ? Qu'est-ce que j'avais raté ? Une boule se forma dans ma gorge, à laquelle s'ajouta la crainte de l'agacer plus profondément par mon incompréhension. Comptez sur moi pour que même un simple changement de chambre devienne presque une guerre ouverte.
Mes doutes et mon incompréhension semblaient me tordre l'estomac et j'observais Anarchy ressortir de la salle de bain avec sa mine toujours aussi usée. Je le fixai un instant, lui sur sa chaise de bureau et soupirant, moi dans l'entrée de la salle de bain et presque tremblant. Je ne savais pas quoi faire. Je ne savais pas ce qui se passait actuellement en réalité. Mais quand mon chef de club - ou devrais-je dire ancien club ? mais je n'avais pas remis ma démission - leva les yeux vers moi pour parler, je devinai aussitôt qu'il allait m'éclairer sur ses intentions. Alors j'attendais patiemment et tentais de calmer mes inquiétudes.

« Maintenant… J’aimerai que tu me parles de ce que j’ai vu. Et ne me dis pas que tu es tombé dans les escaliers, j’ai suffisamment utilisé cette excuse pour savoir que c’est le mensonge le plus stupide qu’on puisse utiliser. »

Mon coeur sembla s'arrêter, tout simplement, et je lui jetai un regard horrifié. Toute espoir de sourire timide ou de détente s'évapora et je sentis mon corps se tendre comme un fil, aussi puissamment que ce jour à l'infirmerie. Il voulait parler. Je voulais fuir. Je ne voulais pas en parler, je n'en avais pas envie. Je ne voulais pas y penser c'est tout. Alors pourquoi s'obstinait-il à creuser, à essayer de voir tout ce que je pouvais cacher alors qu'il me restait déjà si peu ? Je déglutit difficilement et mon pied tressauta, comme pour m'inviter à courir, partir le plus loin possible et je songeais vaguement "Qu'est-ce qui t'a pris de t'excuser tu aurais mieux fait de te taire et de profiter qu'il t'ignore mais non il faut toujours que tu plantes quelque part" mais c'était impossible. Nous étions colocataires désormais et j'avais perdu tout espoir d'échappatoire.

« Non je... Je ne... »

Pourquoi est-ce que je ne pouvais pas simplement lui répondre que SI, j'étais tombé dans les escaliers, rien de plus et qu'il n'y avait franchement pas de quoi en faire tout un plat ? Pourquoi ne pouvait-il pas aller s'occuper de ses amis du Boulevard plutôt, puisqu'eux voulaient être aidés ? Pourquoi...
Pourquoi ne pouvait-il pas cesser de s'en soucier ?

« Écoute … Je ne suis pas ton ennemi, Sören. »

Je sentis mon souffle manquer et relevai un regard troublé vers lui, mes mains jouant nerveusement entre elles. Je sentais ma gorge s'assécher, je savais qu'il voulait des réponses. Mais est-ce que je voulais lui en donner ?
Non.
J'étais peut-être pathétique et incapable de faire quoique ce soit correctement mais j'avais au moins appris à ne pas essayer de partager mes problèmes avec les autres. Le soulagement qui en venait n'était que de courte durée et la chute trop brutale et douloureuse. Ça n'en valait pas la peine. C'était trop de risques. Et qui savait comment Anarchy me verrait si il connaissait les raisons, si il découvrait ce qu'il passait ? Peut-être partirait-il en énonçant combien j'étais faible de subir pareil traitement. Ô bien sûr il ne me le cracherait pas au visage, le blond était plus gentil que ça, mais il m'expliquerait calmement qu'on ne pouvait pas aider ceux qui ne désiraient pas l'être et qu'il valait mieux chercher quelqu'un d'autre pour ça. Ce qui n'était qu'une supposition m'apparaissait maintenant parfaitement plausible et je me l'imaginais avec vivacité, inconscient du temps passé depuis les quelques mots qu'il avait lâché.

« Je... »

J'étais un lâche, voilà tout. Je craignais tellement que les choses tournent mal, d'être encore abandonné. Ma main tremblait légèrement, comme hésitante à se lever pour attraper celle du blond, pour m'y accrocher désespérément. Peut-être... Peut-être... Mais je n’avais plus la force ni le courage d'espérer et de chercher de l'aide. J'avais trop peur de tendre la main pour me retrouver à la fin encore seul dans mes problèmes. J'avais déjà donné, et j'avais peur.

« Je ne veux pas... S'il te plaît... S'il vous plaît... »

Je secouais mollement la tête, la panique s'étant résorbée pour ne laisser qu'une crainte sourde et l'épuisement de ceux qui sont lassés de se battre et de le cacher. Et pourtant, me repassant ses paroles rassurantes dans la tête, quelque chose sonnait faux... Important. Quelque chose faisait tilt. La réalisation s'étala lentement sur mon visage et je relevai la tête vers lui en me mordillant la lèvre

« Mais, les escaliers. Non, je veux dire... T-Toi aussi ? Tu... »

L'hésitation emplissent chacun de mes mots, et pourtant ma nervosité semblait devenir plus éparse et moins suffocante face à cette remarque. Mes yeux étaient fixés sur lui, avec cette faible lueur d'attente, d'espoir.
Je ne savais pas si il l'avait soigneusement choisi, justement pour tisser un lien de lui à moi, pour me rassurer ou si c'était une simple erreur. Je ne savais pas non plus si le relever l'énerverait mais à ce moment, je n'en avais que faire. Peu importe combien cette pensée pouvait me rappeler Lily, c'était encore avec elle que j'étais le plus à l'aise. Je pouvais endurer de parler à quelqu'un qui savait déjà. Quelqu'un que je pourrais aider en retour de sa compréhension. J'avais besoin d’être utile, besoin de rendre la pareille, besoin d'exercer la réciproque. Je savais que je ne pourrais pas supporter une aide à sens unique. Mais avec Lily... Avant qu'elle aille mieux... Ça avait été le meilleur de ma vie. Tout ce à quoi je me raccrochais lorsque je me sentais glisser. Et même alors que je me hurlais à moi-même de ne pas retomber dans ce piège et que je finirais à nouveau seul dans ma misère, l'espoir, la tentation étaient déjà de retour.
Et cette fois ils se battaient.

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❝ J'suis pas bien dans
ma tête, maman ❞

Je perds l'équilibre, sur mon triste manège; sous le soleil d'été, je vois tomber la neige; on n'se moque plus de Dieu, quand les peines nous assiègent.
Si l'espoir meurt, pourra t-il renaître ? × BY LIZZOU


Dernière édition par Sören A. Mikkelsen le Dim 23 Avr - 13:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: How does it sound to you, a new room-mate ? Bad. Δ Anarchy L. Adams   Sam 22 Avr - 18:04

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Je me foutrais des baffes, parfois, si je n’avais pas un minimum de fierté. Je voulais sincèrement comprendre ce qu’il se passait dans la tête de Sören Mikkelsen, mais je m’y prenais si mal qu’il y avait peu de chance pour qu’il réponde à mes questions. Il avait feint ne pas comprendre pourquoi il fallait qu’il s’excuse auprès des membres de son club qu’il avait déserté pendant plusieurs semaines ; a moins qu’il ne sache réellement pas la raison pour laquelle il devait le faire ? Qui sait comment fonctionnait sa conscience. De ce coté-là, je m’en souciais assez peu. Je voulais simplement un peu d’honnêteté de sa part, et vu comment nous étions parti, nous n’étions pas sortis de l’auberge de sitôt.
Et à présent, il suffisait de voir le regard horrifié qu’il me lançait, puisque j’avais décidé de remettre le sujet crucial sur la tapis. J’avais l’impression de me trouver dans une très mauvaise série, où nous serions alors les personnages principaux. Mais cette même pensée ridicule ne m’arracha pas un seul sourire. Mon visage semblait figé, et mes lèvres me paraissaient si sèches que j’avais l’horrible impression qu’elles étaient soudées entre elles. Sören, face à moi, ne savait certainement plus où se mettre. Son pied tremblait, comme s’il était prêt à s’enfuir en courant. Ce qu’il ne fit pas.
En fait, il préféra même lever un regard confus vers moi tout en jouant avec ses mains. Je le fixais, nerveux, un bourdonnement accablant envahissant mes oreilles. Et j’attendais, encore et encore, qu’il daigne me répondre enfin. Trois mots suffiraient, mais j’avais besoin qu’il réagisse.

« Je... »

Trois mots n’étaient pas à prendre au pied de la lettre, mais j’étais soulagé qu’il ne reste pas muré dans le silence.
Comme Lui.
''Je'' … ''Je'' quoi ? J’espérai vraiment qu’il prenne conscience qu’il pouvait me parler. Je n’était certainement pas là pour le juger, compte tenu de ma propre situation.

« Je ne veux pas... S'il te plaît... S'il vous plaît... »

Et je sentais mon coeur se serrer, encore et encore, et mes pensées s’entrechoquaient entre elles, trop incohérentes, trop déboussolées. Je ne comprenais pas pourquoi il se braquait comme ça, pourquoi il passait soudainement du tutoiement au vouvoiement. Est-ce que dans son inconscient, il s’adressait à quelqu’un d’autre ? Je voulais comprendre, mais j’avais l’horrible impression de construire moi même l’énorme mur qui nous séparait. Et sans comprendre pourquoi, ni comment, je me mis à trembler moi aussi.
Parce qu’une part de moi ne supportait pas de le voir comme ça. Je ne pouvais rien faire, juste le regarder avec incompréhension et peine, sans savoir quoi dire. Il secouait sa tête, comme s’il déniait son propre état. Merde, je suis censé comprendre quoi, moi, dans l’histoire ?

« Mais, les escaliers. Non, je veux dire... T-Toi aussi ? Tu... »

Est-ce qu’il était vraiment en train d’inverser les rôles, là ? Je sentais ma mâchoire se contracter. Par tous les dieux, heureusement que j’étais en mesure de contrôler l’autre part de moi-même. J’étais si perturbé que j’aurai pu me transformer, là, tout de suite, sans même le vouloir. Et mon cœur battait de plus en plus fort. La panique, pure et primaire. Je ne pouvais pas parler de mes propres problèmes. Pas encore. Pas à lui. A personne. Et pourtant je savais. Je savais que les règles du jeu étaient dès à présent donnant-donnant. J’étais condamné, bien malgré moi, à devoir lui parler si je voulais qu’il avoue. Pourquoi tout devenait si compliqué ? Il pouvait tout aussi bien parler, au lieu de retarder l’inévitable.

«  Comment prétendrai-je comprendre la souffrance des autres si je ne connaissais pas moi même la vraie douleur ? »

Ma voix était à peine audible, presque brisée. Mon cœur menaçait d’exploser, et je sentais, avec horreur, ma jambe tressauter sans que je ne sache comment l’arrêter. Une sueur froide caressait ma colonne vertébrale, comme un message clair. Je devais arrêter maintenant, ou je ne pourrais pas arrêter cette panique sans nom qui remontait au fond de mes entrailles.
J’esquissai un faible sourire, presque forcé. Chaque parcelle de mon visage se refusait à émettre une seule et moindre émotion, mais il fallait se forcer. Ce n’est pas comme si j’avais réellement le choix.

« Mais assez parlé de moi … »

Je ne savais vraiment pas comment continuer, comment aborder le sujet sans qu’il ne se braque à nouveau, et qu’il me file entre les doigts. Ma seule envie, maintenant, était de retourner me noyer dans les effets de l’alcool pour ne pas avoir à réfléchir autant. Juste oublier ce qui n’allait pas dans ma vie. Être lâche, encore une fois.
Que dirait-il, s’il était encore là ?
Regarde-toi, regarde comme tu es devenu faible.
Et c’était vrai. J’étais tout simplement incapable d’effacer mes émotions, parce que j’avais de nouveau l’espoir, et la chance de m’en sortir. Même si je ne parvenais pas à effacer mes souvenirs les plus angoissants, je pouvais aller de l’avant. Et cette simple idée me donnait la nausée.
La souffrance me faisait peur à nouveau.
A cette pensée, je songeai que mon camarade devait avoir ses raisons de ne pas vouloir parler, tout comme j’avais les miennes. Seulement moi, j’étais coupable de mon propre malheur. J’avais choisi, en connaissance de cause, de travailler là-bas.
J’avais choisi de lui dire la vérité.
Et j’en avais payé le prix, parce que j’ai eu le choix, et j’ai pris les mauvaises décisions.
Et Sören … On ne se faisait pas des bleus aussi importants tout seul. J’étais persuadé qu’il n’était responsable de rien, sinon de sa propre conscience. Pourquoi venir au Boulevard s’il était persuadé que tout allait bien dans sa vie ? Juste pour aider les autres ? Mais avant de vouloir sauver les âmes en peine, il fallait se sauver soi-même. Comment rendre des gens heureux si l’on ne connaissait pas soi-même la définition d’un terme aussi abstrait ?
Je ne le connaissais moi-même pas.
Quel hypocrite.

« On va passer un accord, veux-tu ? Je te dis ce que tu veux savoir, et tu feras de même. Ça te va ? »

Les dés étaient lancés.

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MessageSujet: Re: How does it sound to you, a new room-mate ? Bad. Δ Anarchy L. Adams   Sam 22 Avr - 19:28


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Mes mots flottèrent dans l'air et un instant, je pus voir mes réactions comme dans un miroir. Je vis Anarchy se tendre, sa mâchoire se contracter avec un bruit désagréable et je me sentis honteux de le plonger dans un tel état. La situation était inversée quelques instants plus tôt; alors comment pouvais-je lui demander quelque chose que je n'étais pas prêt à donner ? Mais j'avais peur. Alors je préférais me raccrocher à cette forme d'échange. Je ne pouvais pas accepter une aide aveugle. C'était quelque chose qui arrivait simplement comme ça, et qui pouvait repartir tout aussi facilement. Une entente réciproque était plus rassurante à mes yeux. Elle signifiait que chacun avait besoin d’être aidé, et n'abandonnerait donc pas l'autre. Un peu comme le Boulevard... Mais sans public, et donc beaucoup moins stressant. Seulement, lui ne semblait pas le concevoir de la même façon, et c'est d'une voix brisée qu'il répondit :

« Comment prétendrai-je comprendre la souffrance des autres si je ne connaissais pas moi même la vraie douleur ? »

C'était vrai et tout à fait digne de lui. J'avais honte de moi, de lui poser de telles questions, de l'embarquer dans cette histoire alors qu'il avait déjà la gentillesse de vouloir m'aider, ou même d'imaginer qu'il pourrait se moquer de mes problèmes. Il était le président du Boulevard enfin, qu'est-ce qui n'allait pas chez moi ? Peut-être le fait que je refuse de considérer ça comme un problème, ou que je me trouve moi-même pathétique. Le fait étant, j'avais l'impression que chaque pas que je faisais oscillait entre terreur et honte. Encore un des effets de mon talent à tout faire de travers sans nul doute.
Comme moi quelques minutes plus tôt son corps semblait tressauter sous le coup de la panique et je me retenais de m'approcher pour essayer de le calmer. Je détestais voir les autres souffrir. Ça me faisait mal quand les autres avaient mal, et savoir que j'étais responsable de cette panique là n'arrangeait pas les choses. Je doutais qu'une intervention de ma part aida cependant. Je me contentais donc de l'observer avec inquiétude, une inquiétude non plus causée par lui mais pour lui. Mais déjà un sourire faible et forcé s'épanouissait sur son visage. Ça me décomposait. Ça me dégoûtait même, que je fasse un tel secret de mes problèmes alors que, j'en étais sûr, il l'avait plus douloureuse. Honteux, mes yeux mordorés lâchèrent encore son visage et je me fustigeais intérieurement.

« Mais assez parlé de moi … »

La boule retrouva sa place dans ma gorge et je me forçais à ne pas revenir à ma folle nervosité. Lui faisait des efforts. Lui faisait de son mieux. Je pouvais au moins arrêter de lui compliquer la tâche, puisque mon désir d'échange lui coûtait déjà tant. Nous ne désirions pas la même chose, et égoïstement j'avais imposé ma préférence. Parce que j'étais un lâche, et c'était trop dur de parler de mon été, de ma mère sans entendre la réciproque, pour me rassurer et me rappeler que ça allait, et je n'avais pas le droit de me morfondre juste pour ça.
Un rire sans joie manqua m'échapper. J’avais l'impression de me contredire moi-même mais je ne savais ni sur quoi ni comment. Je n'étais pas quelqu'un de logique. Juste désespéré et à la limite de m'oublier moi-même.

« On va passer un accord, veux-tu ? Je te dis ce que tu veux savoir, et tu feras de même. Ça te va ? »

J’hochai vivement la tête, mes yeux revenant lentement et timidement sur son visage. Il avait toujours aussi mauvaise mine, et la panique semblait miner son regard. Ma faute. Je me mordis la lèvre, mes yeux se détournant juste assez pour ne plus être alignés aux siens. Qu'est-ce que je faisais exactement, à pourrir la vie des gens comme ça ? Il avait sûrement assez de problème sans rajouter le cas Sören en plus. J'étais vraiment le plus gros imbécile de tous les temps mais maintenant il était trop tard pour reculer. Doucement, avec la même agitation contenue qu'un animal sauvage, je m'assis sur le sol face au blond. Plutôt que de le fixer continuellement, je préférais lui jeter de réguliers coups d'oeil. Nous étions tous deux plantés là, silencieux comme des tombes, et je devinai distraitement que je ferais mieux de commencer. Toute cette histoire était mon fait. Si j'avais fait plus attention, si je n'étais pas tombé, Anarchy ne serait pas assis ici avec cette sale mine, prêt à me raconter toute la merde qu'il avait sûrement vécu parce que ce pathétique Sören avait trop peur d'expliquer ses problèmes d'adolescente. Autant que j'assume ne serait-ce qu'un minimum.
Je fermai les yeux et prit une inspiration aussi profonde que si je me préparais à faire de la plongée. Avec un geste légèrement tremblant, je fis passer mon pull par-dessus ma tête; dévoilant une sorte de débardeur trop peu recouvrant à mon goût et je déposais le haut désormais inutile sur mes genoux. Ma main droite y restait serrée, comme pour s'y raccrocher, alors que je laissais mon regard traîner partout sur la chambre, partout sauf sur Anarchy.
Honnêtement, j'allais mieux depuis l'épisode de l'infirmerie. Sur mes bras, les bleus avaient commencé à disparaître à l'exception d'un plus tenace sur le coude. Les quelques coupures dues aux accès de colère alors qu'elle était en possession d'un couteau étaient en excellente voie de guérison vraiment, à peine visibles selon moi ou alors recouverte d'un bandage bien propre. La brûlure sur mon épaule n'était pas perceptible pour Anarchy, étant plutôt tournée vers l'arrière de ma clavicule. J'avais voulu lui montrer que je la jouerais honnête avec lui, mais je me sentais stupide maintenant; avec mes bleus que je considérais à peine digne d'un enfant jouant au bac à sable. Et bien que je me sois rabroué à ce sujet quelques moments plus tôt seulement, je craignais à nouveau qu'il se moque du foin que je faisais de si peu. Un soupir franchit mes lèvres et je me mis finalement à parler, la voix mal assurée et le regard fixé sur le bureau derrière Anarchy plutôt que le blond lui-même.

« Je... C'est... »

Je dus à nouveau prendre une inspiration tremblante et resserrer encore ma poigne sur le pull de laine pour oser continuer à parler.

« Ma mère... Elle est dépressive, je crois. Ou c'est ma faute je sais pas... tellement. Je me mordis la lèvre, relevant un regard légèrement anxieux vers le blond. Mais ce sont des accidents aussi et, enfin, c'est sûrement ma faute, j'ai dû... faire quelque chose. »

J'entendais ma voix vaciller et se briser, alors que je fermais à nouveau les yeux. Je manquais d'éloquence, je n'arrivais pas à m'expliquer et je voyais bien que je n'était en rien convainquant. Et pourtant, tout ce que j'avais dit était vrai. Ma mère était adorable avant, et j'étais le seul contre qui elle se soit jamais montrée violente alors le problème venait forcément de moi, même si je ne savais pas d'où et grand dieu je n'avais même plus envie de poser des questions à Anarchy, juste de me terrer dans un coin et de me faire oublier. Ma vue se brouillait, à cause de larmes qui refusait de passer la barrière de mes yeux devinais-je; et je me sentais encore plus vulnérable et pathétique que d'ordinaire, assis sur le parquet froid de cette chambre, dans mon maigre débardeur et sous le regard du lycanthrope blond.

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MessageSujet: Re: How does it sound to you, a new room-mate ? Bad. Δ Anarchy L. Adams   Sam 22 Avr - 20:33

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Je ne pus dissimuler mon immense soulagement lorsque Sören accepta silencieusement notre marché. Mon marché, au final. Il n’était pas à l’aise, mais pour la première fois, il faisait un pas vers le progrès. J’étais content, néanmoins, qu’il décide de me faire confiance, et mon faux sourire mua en quelque chose de plus authentique, plus vrai, et je voulais y croire. Croire que je pouvais l’aider, lui, comme tous les autres. Patient, je l’observais s’asseoir face à moi, à même le sol, prêt à enfin avouer l’inavouable. Et j’étais tout ouïe, plus détendu. Et je ne cessait de l’observer, même lorsqu’il ferma les yeux pour se donner du courage. Et du courage, il en avait besoin.
Il enleva son pull, pour dévoiler quelque chose de plus déshabillé. Un débardeur, entre autre, et la première pensée qui me vint fut celle de ne l’avoir jamais vu dans une tenue pareille. C’est après que j’ai remarqué les bleus. Plus effacés que la dernière fois, mais toujours présents, et ce n’était que la partie émergée de l’iceberg. Je me serai presque amusé à les compter comme on compte des grains de beautés, mais la situation ne s’y prêtait pas. C’était trop grave.
Il ne regardait plus, mais j’estimais qu’il avait déjà fais un effort immense. C’était courageux ; il aurait tout simplement put me dire la vérité, mais cacher ce qu’il s’était refusé à montrer autrefois. Et je ne pouvais pas détacher mes yeux de l’horreur révélée. Qui aurait put seulement imaginer que le gentil Sören Mikkelsen, toujours prêt à aider tout le monde, fut aussi marqué par la souffrance ? J’avais encore du mal à en croire mes yeux, maintenant que les cartes étaient étalées sur la table. Maintenant, il ne lui restait plus qu’à dire d’où venaient tout ce merdier.

« Je... C'est... »

J’aurais voulu l’encourager à continuer, mais trop soucieux de le brusquer, je dus me résoudre à attendre qu’il se décide à la dire. La raison pour laquelle il est aussi blessé. Pour laquelle il n’a rien dit à personne. Qui l’a forcé à se cacher aux yeux du monde.

« Ma mère... Elle est dépressive, je crois. Ou c'est ma faute je sais pas... tellement. Mais ce sont des accidents aussi et, enfin, c'est sûrement ma faute, j'ai du... faire quelque chose. »

J’ai expiré d’un coup tout l’air qui s’était accumulé dans mes poumons. J’avais retenu mon souffle, même coupé, pour ainsi dire, mais avoir la vérité balancée à la figure vous fait toujours un choc. Je me sentais désemparé, sans savoir quoi dire, sans savoir quoi faire. J’aurai voulu faire mille choses, mais je ne parvenais pas à rassembler mes idées pour agir. Les yeux écarquillés, furetant entre le regard de Sören, ses bleus, le vide, je me penchais en avant pour m’appuyer sur mes genoux. Les informations étaient analysées méticuleusement, mais rien n’avait de sens.
Inconsciemment, ou peut-être savais-je au contraire parfaitement ce que j’étais en train de faire, je me suis levé pour m’accroupir juste devant mon camarade. A quelque centimètres de lui, je cherchais mes mots, mais rien ne venait. Seulement l’horrible impression de n’avoir jamais remarqué l’évidence.

« Oh Sören … Comment peux-tu penser une chose pareille ? Comment peux-tu seulement te dire que c’est de ta faute ? »

Parce que personne ne devrait avoir à se dire qu’il est coupable de la folie de ses propres parents. C’est ce que j’aurais aimé dire à Irina avant de m’enfuir, de commettre l’irréparable. Mais je ne l’avais jamais fais. J’avais trop honte de l’avoir abandonné pour un stupide caprice d’enfant. Et maintenant, je me devais de faire les choses bien.
J’ai d’abord voulu poser mes mains sur ses épaules, dans un geste amical, et puis je me suis rappelé qu’il était encore blessé. Aussi préférais-je attraper son visage dans la plus grande délicatesse, comme si je manipulais un objet fragile, pour redresser sa tête.

« Je sais que c’est cliché, mais laisse moi te dire que tu as le droit d’en vouloir à ta mère, plutôt que de te blâmer toi. »

Je lui souriais à nouveau, pour le rassurer autant que je voulais me rassurer moi.
C’était fini.
Enfin, de son coté en tout cas. Maintenant, c’était à moi d’être honnête, de remplir ma part du contrat. Je lâchais le brun avant de ramener mes bras à moi, hésitant quant à aborder le sujet. Mon cœur se remit à battre la chamade, alerté par mon cerveau détraqué. Je toussai, comme pour me donner de l’élan, mais aucun mot ne me venait. Désemparé, j’essayai de me forcer à dire ce qui restait bloqué au fond de ma gorge.

« Je ... »

Non, je ne pouvais pas. Je n’y arrivais pas. Même si je l’avais voulu, je n’aurais pas pu. C’était trop trop trop … Je n’arrivais pas à m’arrêter de trembler, à calmer les battements furieux de mon coeur, et pire que tout, je ne pouvais pas stopper la vague d’images, de sensations, de souvenirs qui affluaient encore, et encore, et encore.
Les mains.
La honte.
La douleur.

Et le corps de Nathan, dans cette pièce trop blanche, qui semble en paix alors qu’il venait de me quitter pour toujours.
C’était trop pour moi.
J’ai au moins eu l’intelligence de réagir lorsque j’ai senti la bile remonter tout d’un coup, et sans finir ma phrase, je me suis précipité dans la salle de bain pour vomir le semblant de déjeuner que j’ai eu il y a une heure à peine. Ma gorge brûlait, et la douleur, autant physique que morale, était insoutenable. Impensable. Pourquoi avais-je une réaction maintenant, et pas avant ? Pourquoi fallait-il que je faiblisse quand j’avais besoin d’être fort ?
J’étais répugnant.

« Et merde. »

C’était tout ce que j’étais en mesure de formuler parmi toutes les horreurs qui me venaient en tête.

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MessageSujet: Re: How does it sound to you, a new room-mate ? Bad. Δ Anarchy L. Adams   Sam 22 Avr - 22:19


❝ A new room-mate. ❞
- Sören & Anarchy -
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Il semblait choqué. Pourquoi ? Sûrement ce n'était pas si horrible que ça ? Ou peut-être était-il choqué par le manque d'envergure de la chose justement ? Je ne savais pas. Le doute me tuait.
S'il te plaît, dis quelque chose.
Distraitement, je l'entendais se lever et s'accroupir tout près de moi. Mais toujours aussi silencieux. Sans doute ne trouvait-il pas ses mots; mais je ne savais pas si c'était pour le meilleur ou pour le pire.

« Oh Sören… Comment peux-tu penser une chose pareille ? Comment peux-tu seulement te dire que c’est de ta faute ? »

Ça, ce n'était pas ce à quoi je m'attendais. Un faible "quoi" m'échappa, plus soufflé qu'articulé et je relevai finalement les yeux vers Anarchy, l'incompréhension étalé sur mon visage.
Sous entendait-il que ce n'était pas ma faute ? Mais pourtant... Je sentis ma lèvre trembler sous la force de mes pleurs retenus. C'était... C'était le plus logique. C'était la seule raison que j'avais trouvé pour que les choses aient tourné ainsi. Après tout, j'avais nécessairement dû faire quelque chose pour que ma mère tourne à la dépression et commence à me battre. J'étais responsable. C'était ce que j'avais conclu de tout ça; et même Lily ne m'avait pas contredit. Elle pensait plus ou moins la même chose même si elle insistait que ma mère n'avait aucun droit d'agir aussi. Mais si Anarchy disait que ce n'était pas le cas...
Je sentis une larme solitaire finalement rouler sur ma joue.
Alors ça voulait dire que, que les choses avaient tourné ainsi parce qu'elles pouvaient. Si ce n'était pas ma faute, ça signifiait qu'il n'y avait pas de raisons et dieu c'était presque pire. Ce n'était pas heureux de penser que votre mère vous bat parce que vous avez fait quelque chose mais, c'était toujours mieux que la pensée qu'il n'y avait aucune raison; que c'était simplement ainsi. Qu'il n'y avait rien que vous ayez jamais pu faire. Lancinant, horrifiant. Et dans le même temps...
Ce n'est pas... Ma faute ?

« Je sais que c’est cliché, mais laisse moi te dire que tu as le droit d’en vouloir à ta mère, plutôt que de te blâmer toi. »

La pensée n'arrivait pas à s'intégrer correctement dans son esprit, et je sentis ma joue sèche mouiller à nouveau avant de secouer fébrilement la tête. Un sanglot m'échappa alors que j'observais maintenant le blond droit dans les yeux, et son visage doucement souriant. Lorsqu'il recula, j'enregistrai vaguement que la disparition de contact me désappointait, sa main sur ma figure étrangement réconfortante.  Cependant, je voyais le stress qui s'établissait à nouveau en lui; la légère toux pour se donner du courage. Je reniflai également pour cesser mes sanglots, prêt à l'écouter et lui offrir le même réconfort. Mes yeux piquaient encore un peu; mais je savais que j’aurais tout le temps de pleurer plus tard voir une autre fois. Pour le moment, j'avais quelqu'un à réconforter, et il n'y avait rien de tel pour me remettre d'aplomb semblait-il.

« Je ... »

Ce mot allait devenir l'un de nos favoris. La pensée, un peu distraite, m'amusa mais sans que rien ne transparaisse sur mon visage. Au blond j'adressais seulement un petit signe de tête, pour lui signifier que je comprenais ses difficultés à parler. Mon visage avait quelque chose de solennel, de sérieux, car j'avais appris à ne pas sous-estimer les problèmes des gens. Mais dans le même temps, mes traits restaient ouverts, encourageants et surtout... nullement pressants.
Cette figure, je l'avais travaillé je ne sais combien de fois pour aider Lily à me raconter ses misères, et j’espérais qu'elle n'aurait pas d'effets négatifs sur Anarchy. C'était tout simplement la mine que je faisais quand il me fallait écouter quelqu'un, surtout des sujet aussi sensibles.
Cet espoir se décomposa en même temps que mon masque rassurant lorsque Anarchy porta une main à sa bouche avant de se précipiter dans la salle de bain. Je restais un instant pétrifié sur place, les bras ballants et sans savoir comment réagir. Je le savais que je n’aurais pas dû demander. Quelles horreurs avait-il donc vu et vécu pour mériter cette réaction ? Je voulais savoir, réellement cette fois mais par pure inquiétude. Je n'étais pas sûr qu'il méritai un fauteur de merde comme moi dans sa vie déjà compliqué. Et pourtant... C'est lui qui était venu me chercher, alors ?
Le gargouillement et une vague odeur de vomi me ramenèrent violemment à la réalité et je me précipitais à la suite du blond. Il était aggripé aux toilettes comme si sa vie en dépendait, vomissant ce qui semblait être son déjeuner. Mon coeur se serra à cette vision et après seulement un instant d'hésitation je m’accroupis au côté du lycanthrope, espérant prodiguer un quelconque réconfort. Mais lequel, quoi, comment le réconforter lui ? Je m’arrachai à ces pensées lorsqu'il cracha :

« Et merde. »

Serait-il en meilleur état, la réaction aurait pu m'amuser. Dans l'état actuel des choses, je me contentai de masser son dos en cercles - un toucher que j'espérais rassurant, mais il fallait bien que je fasse quelque chose de toute façon -, puis de porter une main froide à son front, en rien de plus qu'une légère caresse, un toucher semblable à une brise. Et alors que je l’observais, de l'inquiétude dans les yeux, je savais parfaitement ce qui l'avait amené ici. Et il était donc hors de question que je m'accroche à notre petite séance d'échange. Maintenant que ma part était faite de toute façon, et surtout maintenant qu'il était dans cet état, je n'avais pas envie d'en rajouter. Je m'adressai donc à lui d'un ton doux, mais plutôt ferme, surtout pour lui qui ne m'avait sans doute vu que tremblotant depuis... un moment.

« Ça va ? Pas besoin de... me raconter si ça te met dans cet état. Plus tard peut-être ? Maintenant... Ça n'a pas l'air d'être une bonne idée. »

Mieux valait laisser sous-entendre qu'il pourrait tenir sa part du marché une autre fois, pour le cas où il aurait une conscience un peu trop sérieuse face aux promesses et autres duels.
Je récupérai ma main juste le temps de farfouiller dans ma trousse blanche, jetant un oeil à toutes les médecines que j'avais pu ramener du village ou de l'infirmerie. Finalement, avec juste un léger doute dans le coin de la tête, je sortis un doliprane et une petit fiole, qui faisait sa sortie à chaque crise de... stress si on pouvait dire. Je me retournai vers Anarchy avec un léger sourire maladroit mais soucieux puis lui montrai les deux, espérant ne pas le brusquer.

« Tu... veux quelque chose ? La fiole est des Semis. Contre le stress plus où moins. »

Je tendis timidement mon autre main, suspendant mon geste un instant, le doute presque agressif envers mon muscle. Puis avec une forme d'impudence que je m'étais oublié je posais ma paume sur le bas de son crâne pour le masser. Sûrement ce n'était pas plus gênant que lorsqu'il m'avait attrapé le visage ? J'avais quelques doutes, mes derniers gestes affectifs étant avec Lily et... Je savais bien qu'il y avait techniquement des différences d'interaction entre les deux. Une question de fierté masculine je crois. Mais à ce moment précis, cela me semblait comme une véritablement stupide convention et je me contentais de doucement caresser son cuir chevelu blond, un peu comme ma mère l'aurait fait autrefois. Avec tout de même cette prudence de l'homme blessé qui tend une main vers un autre, en étant prêt à l'enlever au moindre signe de tension.
Mais là tout de suite, ma main imparfaite dans les cheveux blonds, je songeai distraitement que peut-être ce jour à l'infirmerie n'avait pas eu que d'horribles conséquences.

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ma tête, maman ❞

Je perds l'équilibre, sur mon triste manège; sous le soleil d'été, je vois tomber la neige; on n'se moque plus de Dieu, quand les peines nous assiègent.
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MessageSujet: Re: How does it sound to you, a new room-mate ? Bad. Δ Anarchy L. Adams   Sam 22 Avr - 23:09

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J’aurais voulu disparaître, là, maintenant, ou tout oublier. Mon nom, là d’où je viens, ce que j’ai fais, et qui j’ai aimé. Toutes ces choses qui font souffrir, qui vous déchirent les entrailles, qui vous tourmentent jour après jour sans que vous puissiez y faire quoi que ce soit. Ce choses que je voudrais oublier sont certainement les pires que vous puissiez seulement imaginer. Et je voudrais avoir seulement une imagination débordante plutôt qu’un passé bien réel.
Il était là. Sören. La honte de me retrouver dans uns situation aussi compromettante que celle là me rendait particulièrement honteux. Au fond de moi, j’aurai voulu lui hurler de partir, de me laisser, mais je n’en avais pas la force. Et ce n’était pas le moment non plus de le rejeter. Les choses étaient vraiment mal tombées, n’est-ce pas ? Tout ça ne serait jamais arrivé si je n’avais pas insisté. Ah, ça m’apprendra.
Je me raidis sans vraiment le vouloir au contact de sa main dans mon dos, et je me retenais de toutes mes forces de ne pas me dégager, de ne pas le repousser, parce que je ne voulais pas de sa pitié. Ironique, n’est-ce pas ? Je crois qu’on fera difficilement pire que nous. Et le pire, c’est que je regrettais déjà tous mes actes depuis l’épisode de l’infirmerie. Était-ce égoïste de ma part ? Assurément. Et je m’en voulait d’être comme ça.
La main quitta mon dos pour venir effleurer mon front. Instinctivement, j’ai d’abord reculé ma tête avant de me résigner, et de froncer gravement les sourcils. Je n’avais pas de fièvre, du moins je n’avais pas remarqué si c’était le cas. Toutes cette réaction en chaîne, ce n’était du qu’au dégoût que je me vouais personnellement. Je me rendais malade tout seul, sans autre symptômes que de penser à ce que j’avais fais.
Il me regardais, je le regardais, et un malaise énorme pesait entre nous deux. Je n’avais pas la force de parler, et de toute manière, ma gorge brûlait sous l’acidité de la bile. Je détestais cette sensation.

« Ça va ? Pas besoin de... me raconter si ça te met dans cet état. Plus tard peut-être ? Maintenant... Ça n'a pas l'air d'être une bonne idée. »

« Non, mais ... » Fut les seuls mots que je réussis à prononcer avant de laisser tomber.
Et puis merde, laisse le parler.
Il lâcha mon front pour aller sortir une fiole de sa trousse médicale. Je le laissais faire sans lui dire que ce ne serait pas la peine. Un peu d’eau, une douche, certainement, ou un bonne nuit de sommeil, et tout serait de nouveau oublié. Jusqu’à la prochaine fois. Mais pouvais-je vraiment oublier pour de bon ? Mieux valait ne pas rêver, je suppose. Quoi qu’il en soit, je fermai les yeux un instant pour reprendre mon souffle, mais les images continuaient de défiler sous mes paupières tremblantes, et un passage trop violent me les fit ouvrir brusquement. Lorsque je posais les yeux sur Sören, il me souriait, preuve certaine qu’il se remettait de ses émotions, et ce dernier me tendait à la fois un doliprane et une fiole dont le contenu m’était jusque là inconnu. Je ricanais sans vraiment le vouloir.

« Tu... veux quelque chose ? La fiole est des Semis. Contre le stress plus où moins. »

« Non merci, murmurai-je d’une voix rauque, ça ira. Ça ira ... »

C’est drôle, de se répéter que tout va bien aller, quand on sait que c’est faux. C’est un peu comme une sorte de formule magique. On répète, on répète, jusqu’à ce que ça marche … Ou nous tue. Et dans mon cas, l’issue risquait fortement d’être funèbre si je ne me ressaisissais pas dès maintenant. Et pourtant … Pourtant, quelque chose m’obligeait à ne pas bouger, et juste se laisser aller. Je fermais de nouveau les yeux, et les images devenaient plus troubles, moins douloureuse. Les sons s’amenuisaient, petit à petit, jusqu’à ce que je sois interrompu dans mes réflexions par un contact étranger avec mon crane. Je rouvris les yeux brutalement, encore une fois, pour me rendre compte qu’il s’agissait, encore, de Sören.
Ce n’était pas désagréable en soi, mais je n’étais pas habitué à ce genre de geste de la pat de quelqu’un que je connaissais aussi peu. En fait les seules personnes qui se seront permis une telle chose étaient ma famille proche, excluant mes parents, Samira, et Nathan. Cette pensée me troubla plus qu’elle ne l’aurait du, et je fixai Sören, indécis, sans oser faire un seul geste. Et puis j’ai finalement prononcé dans le plus grand naturel ce qui m’écorchait tant la langue.

« Je me prostituais. »

Ces simples mots résonnaient dans ma tête comme si je ne les avais pas vraiment prononcé. Comme si je ne les avais pas vraiment prononcé. Et comme soulagé d’un poids immense, j’ai fermé de nouveau les yeux, empêchant la moindre larme de s’échapper. Et j’ai imaginé que tout ceci n’était qu’un rêve, et que je me réveillerai, le matin, avec le colocataire que j’étais censé avoir quitté pour de bon. Que tout serait comme d’habitude, et que la seule personne extérieure à ma famille ayant eu vent de mon terrible secret soit mort et enterré depuis longtemps.
Mais ce n’était pas le cas, et quand je rouvris les yeux pour une nouvelle fois, j’étais toujours dans la salle de bain, Sören était bel et bien là, et je venais de dire ce que je m’étais promis d’emmener avec moi dans la tombe il n’y a pas si longtemps.

« Franchement, conseil d’ami, si un jour tu en as l’occasion, ne va jamais dans les Bas-Fonds de Fonvrosk. Ça craint. »

J’en avais fini avec la fuite une bonne fois pour toute. Et pour la première fois depuis que je le connaissais, je riais devant Sören.


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MessageSujet: Re: How does it sound to you, a new room-mate ? Bad. Δ Anarchy L. Adams   Dim 23 Avr - 0:43


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Qu'importe à quel point Anarchy le répétait, je n'étais pas sur que "ça irait" comme il le disait si bien. Déjà parce que si il était en train de vomir ses boyaux dans la salle de bain il y a avait une raison - et le fait que je me dise la même chose en cas de crise ne voulait rien dire - et ensuite parce que je ne savais pas si je pourrais l’aider. Je l'avais senti se tendre sous mes doigts à chaque contact et tout ça me laissait avec peu de marge de manoeuvre : je n'étais pas si doué pour conforter avec des mots. Ma mère était plutôt tactile à l'époque; et avec Lily aussi cela consistait surtout en beaucoup d'écoutes et de câlins. Anarchy au contraire semblait moins intimiste, et je n'étais pas sûr que mes simples mots soient adaptés à la situation. Malgré tout, je relâchais timidement son cuir chevelu lorsque ses iris clairs, rouverts brutalement, plongèrent dans les miens. Presque penaud, je ramenai ma paume jusqu'à l'autre en même temps que je reposai les médicaments qu'il avait décliné. Le silence plana un instant seulement, alors qu'il m'observait d'un air indécis et que j'évitais de le fixer, légèrement gêné. Pas de main dans les cheveux, ni le dos ou le front pour ce que ça valait. Retenu.
Une autre chose que je ne risquais pas d'oublier furent ses mots suivants, qui claquèrent dans l'air aussi clairement que si il les avait hurlé.

« Je me prostituais. »

Mes yeux s'arrondirent sous la surprise de cette phrase lâchée avec nonchalance, comme si elle ne comportait aucune information plus importante que "j'ai mangé des tartines ce matin." Je fixai le blond avec les lèvres légèrement entrouvertes, le choc clairement visible sur ma figure. Je m'humectai rapidement les lèvres, cherchant la meilleure façon de réagir alors même que les pensées s'entrechoquaient dans ma tête. Pourquoi, depuis quand, comment et qui était au courant ? Mes yeux mordorés fixés dans les siens étaient sûrement brillants et plein de questions mais je préférais ne rien en dire. La nouvelle en soit était déjà à... couper le souffle pourrait-on dire, et je ne savais pas moi-même ce que je pensais. Il fallait pourtant que j'y réfléchisse avant de lui répondre, et surtout ne pas gaffer. Alors de quoi étais-je sûr ?
Je n'étais pas dégoûté premièrement. Plutôt un bon début, mais en même temps j'appréciais Anarchy et je sentais que c'était quelqu'un de bien. A moins qu'il m'avoua qu'il était un tueur en série et torturait des chatons dans sa cave je ne pouvais pas vraiment penser à quelque chose qui me ferait le détester.
Ensuite... Je voyais bien que pour lui ça avait été dû être terrible. Preuve en était ses actuels vomissements, et la difficulté à me l'avouer et... Je comprenais ça. Et par ça je n’entendais pas la prostitution et les mauvais souvenirs paquetés avec, mais plutôt le désir de garder ce genre de chose pour soi à tout prix. J'étais le même après tout. Sauf qu'Anarchy était plus fort que moi et en même temps semblait en avoir beaucoup plus bavé. Alors maintenant encore plus que d'habitude il n'était pas question de déraper.
Et finalement... j'étais désolé pour lui. Pas dans le sens condescendant de pitié, la pitié de celui qui juge les choix et leurs conséquences. Profondément et entièrement, j'étais désolé que le blond aie eu à subir ça, à en passer par là. Car de par ses réactions je me doutais qu’il n'était pas allé se prostituer de gaieté de coeur et que la question ne s'était sans doute posé au... à ce moment. Ceci étant dit, et en espérant qu'il ne le prendrait pas mal, je ne pouvais pour l'instant que dire ces mots maladroits.

« Je suis désolé. Sincèrement. »

Et ma voix en effet portait cette profonde sincérité, cette compassion à sa douleur que je ne parvenais pas à exprimer correctement. Et je savais en voyant sa silhouette courbée et ses yeux douloureusement clos que mes mots avaient peu de chance de l'atteindre mais il fallait quand même que je lui dise. Car même si ils avaient peu de chance de lui parler, j'espérais que les émotions qui les accompagnaient, elles, l'assureraient de ma sincérité.

« Franchement, conseil d’ami, si un jour tu en as l’occasion, ne va jamais dans les Bas-Fonds de Fonvrosk. Ça craint. »

Il riait. Et avec des yeux encore écarquillés je ne pouvais m'empêcher de le dévorer des yeux, gravant ce visage rieur et, et plus libéré que tout ce que j'avais pu voir depuis mon entrée dans cette chambre. Rapidement mes yeux prirent un pli plus doux en même temps qu'un tendre sourire amusé se dessinait sur mes lèvres. C'était doux. C'était doux car Anarchy riait au lieu de parler, et que même si c'était une expression il m'avait indirectement appelé son ami; et bien que la situation soit merdique, eh bien ça allait. Pour la première fois depuis un sacré moment, ça allait. Et c'est avec cette même légèreté un peu folle, ce chaleureux amusement que je lui répondit sur un ton semblable, et avec un petit rire nerveux mais pas moins vrai.

« Bien reçu. De toute façon vu notre... problème commun avec les escaliers, je crois que je ne vais pas m'essayer à descendre sous le niveau de la mer. »

Mes yeux brillaient légèrement, et je l’observais doucement, sans jugement et avec une inquiétude désormais voilée par son rire. Ça paraissait sûrement un peu gay comme ça, voir forcé mais... le rire était vraiment un indicateur de bonheur selon moi, et l'un de ses sentiments trop difficiles à feindre pour ne pas être vrai. Alors oui, c'était sacrément rassurant, et surtout c'était bon de rire.

« Et toi... Sache que ça... Ça ne fait pas de toi une personne différente ou moins méritante, je laissais ma phrase en suspens un instant, espérant réellement ne pas tout faire capoter avec ces phrases supplémentaires, et, et... merci. Merci Anarchy. »

Je crois bien que c'est la première fois que je l'appelle par son prénom. Et étrangement, le prononcer à voix haute rendait le tout tellement plus vrai que mes traits se sont étirés en un sourire. Un sourire peut-être pas immense ni plein de dents, mais réel et rien que ça, c'était déjà bien assez.

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MessageSujet: Re: How does it sound to you, a new room-mate ? Bad. Δ Anarchy L. Adams   Dim 23 Avr - 10:19

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Son premier regard me donnait envie de lui cracher « Oh pitié, ne me regarde pas comme ça, ça arrive à plein de gens … Ou pas. Quoi qu’il en soit, bienvenue dans le cercle très fermé des gens au courant. Le denier en date s’est suicidé. Oh, ça, c’était peut-être que nous sortions ensemble, et que je ne lui ai rien dis. Tant pis ? ».
Mais je ne l’ai pas fais.
Franchement, qui aurait pu croire que nous en serions arrivé là un jour ? Moi, penché sur la cuvette des toilettes, et Sören Mikkelsen à me réconforter ? Je n’étais pas à la hauteur, tout simplement, et chaque millimètre de me corps me faisait souffrir, tellement souffrir. Pourtant, le simple regard du brun parvenait à me déconcentrer de tous les maux dont je m’accusais vainement. Je ne venais de le remarquer que maintenant, mais Dieu, ses yeux sont vraiment beaux. Pourquoi ne l’avais-je pas remarqué jusque là ? Ah oui, parce qu’il ne me regardais jamais dans les yeux auparavant. Il y a du progrès à ce niveau là, c’est bien.
Et lui aussi souriait. C’était … Apaisant. J’aurais au moins réussis à faire quelque chose d’intelligent depuis le début de cette histoire, je pourrais presque me sentir fier si je n’étais embourbé dans un situation aussi compromettante. Parce que j’avais finalement avoué. La vérité. Et je ne sais pas pourquoi, mais ça libère bien plus que ça n’aurait dû l’être. Peut-être parce que Sören n’était pas Nathan, et qu’il n’avait pas réagit de la même manière que lui, et que j’avais moins peur de le perdre. Sans aucun doute, il était plus apte à comprendre. Et j’étais soulagé.

« Bien reçu. De toute façon vu notre... problème commun avec les escaliers, je crois que je ne vais pas m'essayer à descendre sous le niveau de la mer. »

Et il a rit, et j’ai ri à nouveau, parce que je me sentais quand même vraiment gêné, gêné, mais étrangement heureux. Il ne me rejetait pas comme si je lui avais annoncé que j’étais lépreux, même si à ce niveau, le niveau de répugnance pouvait être le même. Je me haïssais peut-être suffisamment moi-même. Et tandis que je reprenais une respiration normale, je me grattais l’arrière du crâne, machinalement. Cette fois, c’était à moi de ne pas savoir où me mettre, et en toute honnêteté, je n’aurais pas dis non à un aller simple pour la douche parce je devais sûrement empester.

« Et toi... Sache que ça... Ça ne fait pas de toi une personne différente ou moins méritante, et, et... merci. Merci Anarchy. »

Je clignai des yeux. Une fois. Deux fois. La troisième fut la dernière, et j’esquissai un sourire amusé. Venait-il vraiment de m’appeler par mon prénom, là ? J’aurai bien crié miracle, mais ma gorge était atrocement sèche, et de toute façon, je ne m’en sentais pas l’énergie pour un pareil effort. Au lieu de ça, je lâchai un soupir, et mon sourire s’effaça pour quelque chose de plus discret, plus timide. Ses mots étaient réconfortants, et j’aurai beau me répéter que ce n’était rien, c’était la première fois que je ressentais le réel besoin d’entendre ça.

« Et bien … merci à toi. Merci de ne pas t’être enfui en courant. Est-ce que ça ira ? »

Là, tout de suite, j’avais surtout besoin d’honnêteté de sa part. Pas des ‘‘oui’’ mensongers, ou un détournement de discussion pour ne pas avoir à répondre. Et qui sait à quel point j’ai utilisé ce genre de stratagèmes pour ne plus avoir à expliquer quoi que ce soit que les autres ne pourraient pas comprendre, en espérant pourtant qu’un beau jour, quelqu’un cherchera à savoir comment j’allai vraiment. Et pour la première fois de ma vie, je lui en voulais vraiment de ne pas avoir cherché à me connaître plus que ce que je voulais bien lui servir.
Mais il était temps que je commence à enterrer ces souvenirs, et que je fasse mon deuil. Je n’avais plus l’âge de faire des reproches à un mort, et ma seule nécessité à présent était de veiller à ce que les gens auxquels je tenais aillent bien.

« Enfin … Je veux que tu saches que c’est de l’histoire ancienne. Plus besoin de s’inquiéter. »

Je faisais référence à mes révélations choc, sans vraiment y croire. Alors oui, c’était bel et bien fini, mais les souvenirs étaient là, et je ne parvenais pas à m’en débarrasser, peu importe les moyens utilisés. Pour l’instant, je n’étais pas assez en forme pour supporter un interrogatoire, et je suppose que c’était très certainement la même chose du coté de mon camarade. Et quel duo nous faisions ! Un véritable équipe de bras cassés. Cette image m’arracha un nouveau sourire. J’étais ridicule, à me plaindre tout le temps, alors que Sören était toujours embourbé dans ses problèmes à lui.
Lentement, je parvins à me relever, non sans tanguer un peu, avant d’ouvrir le robinet pour me laver le visage pour la seconde fois de la journée, cette fois plus par nécessité que par réelle envie, parce que l’eau était glacée, et peu importe ce qu’on pouvait dire, c’était atrocement désagréable.

« Maintenant que les choses sont claires, reviendras-tu au Boulevard ? Je n’ai rien dis à propos de tes bleus, et tu manques à beaucoup. »

Nous revoilà revenus au point de départ, sans le froid qui allait avec. Et malgré l’horrible sensation qui sommeillait toujours au fond de ma gorge, je me sentais moins coupable, moins atroce.

Et à ce moment-là, sans même encore le savoir, j’aurais fais n’importe quoi pour Sören Mikkelsen.

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Un sourire amusé s'étala sur ses traits à la mention de son prénom, et je sus qu'il avait remarqué lui aussi. Que c'était la toute première fois que je l'utilisais. Mon sourire devint un peu plus franc, miroirant le sien, avant qu'il ne lâche un soupir pour en revenir à un soulagement plus discret. Mais ça ne faisait rien, parce qu'il avait souri et je ne comptais pas oublier de sitôt. J'aurais voulu rester ainsi longtemps, assis dans cette sorte d'amusement léger et bien loin de nos problèmes. Mais je savais que le temps ne s'arrêtait pour personne, et vu sa mine Anarchy préférerait sans doute qu'il ne stoppa pas de toute façon. Histoire de se nettoyer la figure d'une part, et de se remettre de ses émotions de l'autre.

« Et bien… merci à toi. Merci de ne pas t’être enfui en courant. Est-ce que ça ira ? »

Mes joues chauffèrent légèrement à la mention de la fuite et un air un peu penaud prit place sur mes traits. J'avais été lâche, je le savais, et j'aurais préféré qu'il ne me le rappelle pas. Mais dans le même temps, son "merci" adoucissait la chose. Il apaisait mes doutes et mon semblant de honte, et le voir me remercier ainsi, moi, me faisait plus chaud au coeur que tout ce pourquoi on avait pu me remercier par le passé. J'avais été utile, ne serait-ce qu'un peu. Une acceptation timide s'afficha dans mes yeux et j'acquiesçai brièvement, lui signifiant que c'était "de rien", que j'en pensais de même. Puis à sa dernière question, je redevenais moins à l'aise, plus maladroit. Je savais ce qu'il entendait par là, et je n'avais pas envie de briser ce moment avec une réponse négative. Mais un mensonge ne nous ferait aucun bien, et je le savais aussi. Alors en m'asseyant plus confortablement, et croisant les bras pour me donner contenance, je lui donnais la réponse la plus sincère que j'avais pu offrir à quelqu'un depuis des mois.

« Ça ira... Autant que ça peut. J'ai la paix jusqu'à l'été au moins et..., je m'humectais les lèvres, faisant une pause avant de ramener mes yeux sur son visage, c'était pas mal. De parler je veux dire. Ça faisait longtemps que plus personne ne savait. »

Je repris mon air légèrement penaud à la dernière admission, bien conscient que c'était ma propre faute si personne n'était au courant. Cependant, je crois pas que j'aurais eu le courage d'avouer à qui que ce soit sans être confronté de cette manière. Alors même si je m'étais maudit, même si je l'avais maudit lui pendant des semaines pour m'avoir vu, pour avoir découvert la vérité, aujourd'hui... J'étais heureux qu'il sache. Heureux d'avoir, à nouveau, quelqu'un vers qui me tourner si les choses tournaient pour le pire. Aussi lui adressais-je un mince sourire, en attendant qu'il finisse ce qu'il avait à me dire.

« Enfin … Je veux que tu saches que c’est de l’histoire ancienne. Plus besoin de s’inquiéter. »

Une légère moue tordit ma bouche, et je l'observais de haut en bas avec un regard peu convaincu. De l'histoire ancienne je voulais bien le croire. Plus besoin de s'inquiéter, c'était une autre histoire. Cependant, si il ne voulait pas continuer sur ce terrain glissant aujourd'hui, je respectais son désir. Je savais combien il pouvait être difficile de parler de ses problèmes : rien qu'avec Lily, nous ne nous étions pas déballé nos vies dès le premier jour. Cela avait pris du temps et de la patience, et je savais bien que la même chose était à l'oeuvre ici. Parce qu'un homme blessé perdait confiance et en partie courage, et qu'on se devait de l'approcher avec la même prudence qu'un animal sauvage. C'était le cas pour moi, pour lui et pour le Boulevard.
Qu'importe ce que les autres pouvaient en penser, s'ouvrir et parler à coeur ouvert n'était pas si simple.

« Tant mieux... »

Mais pour l'inquiétude, je me ferais ma propre idée. Et mon regard plongé dans le sien lui disait sûrement ça, sans que j'essaie de le pousser à rien.
Je le laissai se relever, légèrement tangant en le veillant de près alors qu'il se passait un peu d'eau glacée sur le visage. Frissonnant un peu dans le froid de la salle de bain, et le sujet semblant clos, je remettais maladroitement mon pull. Je soufflai un peu puis me frottai les bras pour me réchauffer, immobile sur le parquet, et le regard fixé sur le lycanthrope aux cheveux blonds. Sa voix résonna soudainement dans la salle de bain sans même qu'il se retourna vers moi, et je l'observais avec plus de surprise à chacun de ses mots.

« Maintenant que les choses sont claires, reviendras-tu au Boulevard ? Je n’ai rien dis à propos de tes bleus, et tu manques à beaucoup. »

Je me relevai maladroitement, les bras un peu ballants à être ainsi debout dans la salle de bain sans ne rien faire. Tourné ainsi vers le miroir, il devait à peine voir ma figure s'y refléter, mais je savais que le doute y était nettement affiché. Doute par rapport à ses propos oui, mais surtout une légère surprise à l'entendre parler de mes bleus ainsi. Même avec Lily nous évitions d'en parler si... directement. Je suppose qu'en parler rendait la chose encore plus réelle, d'où mon léger accès de nervosité. Manque d'habitude. Peut-être ferais-je mieux de m'y habituer, car qui sait ce qu'Anarchy voudrait faire de tout ça maintenant qu'il savait ? J'étais bien maintenant, alors je préférais ne pas y penser. Mais le doute emplissait mes yeux mordorés et m'amenait à me tenir le coude dans mon habituel tic de nervosité, presque malgré moi, jusqu'à ce que ma voix hésitante et surprise s'élève.

« Je leur manque vraiment ? Je veux dire... Je pensais pas que quiconque s'inquiéterait, avouai-je à mi-voix. Je fis une pause, juste le temps de me faire à l'idée, avant d'acquiescer doucement à sa question. Mais dans ce cas... D'accord. Ça m'a un peu manqué en fait. »

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❝ J'suis pas bien dans
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Je perds l'équilibre, sur mon triste manège; sous le soleil d'été, je vois tomber la neige; on n'se moque plus de Dieu, quand les peines nous assiègent.
Si l'espoir meurt, pourra t-il renaître ? × BY LIZZOU
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MessageSujet: Re: How does it sound to you, a new room-mate ? Bad. Δ Anarchy L. Adams   Dim 30 Avr - 17:15

Look at you
Ft. Sören




Je voulais qu’il revienne au Boulevard. Ce n’était pas seulement une nécessité pour lui, mais aussi pour moi, et pour tous les autres. Je voulais qu’il soit là, avec moi, avec nous, et pas isolé du reste du monde, muré dans sa douleur sans oser l’avouer à qui que ce soit. Et j’avais sincèrement envie de l’aider, parce que mes propres problèmes ne comptaient plus vraiment, et qu’après tout, c’était mon job. Sören faisait parti du club que j’avais fondé, je me devais d’être là pour lui. Je voulais être là. Et pas seulement en tant que chef de club. Comme un ami, sur qui il pouvait compter. Mais étais-je suffisamment fiable ? Est-ce que je serai capable de le sauver de la noyade ? Tout était si incertain.
Le simple fait qu’il parle des vacances et sous-entendait ce qui pourrait bien lui arriver suffisait à me faire ressentir le doute. Comment pouvais-je seulement l’aider si son principal problème résidait au moment où nous ne pouvions pas nous voir ? C’était un dilemme de taille, et peu importe les scénarios qui me traversaient l’esprit, aucun ne me semblait être réalisable. Toute cette histoire allait nous rendre fous, d’une manière comme d’une autre, mais je savais que je pourrais tenir bon. Après tout, j’avais laissé derrière moi la page la plus sinistre de ma vie.

Sören finit par se relever, maladroit, et je l’observais à travers le miroir, soucieux de sa réponse. Pouvait-il seulement accepter le fait qu’il avait besoin de soutien de la part des gens qui tenaient à lui ? Il avait l’air d’être en proie au doute. Ce n’était pourtant pas si difficile d’admettre que des gens vous apprécient. Si ? J’avais la terrible impression de ne pas savoir me mettre à sa place, de ne pas savoir ce qui pouvait bien se dérouler dans sa tête tandis que je lui annonçais qu’il devait revenir au Boulevard.

« Je leur manque vraiment ? Je veux dire... Je pensais pas que quiconque s'inquiéterait, mais dans ce cas... D'accord. Ça m'a un peu manqué en fait. »

Le soulagement m’envahissait soudainement, et j’étais content – non heureux, heureux c’est bien comme mot – qu’il décide de revenir parmi nous. Mais sa question du début était affligeante. Pensait-il réellement que les gens avec qui il avait prit l’habitude de parler ne se soucieraient pas de son absence ? Voulait-il vraiment savoir le nombre de membres du club qui m’avaient demandé pourquoi Sören Mikkelsen ne revenait pas ? Bien malgré moi, j’ai lâché un soupir avant de passer une main dans mes cheveux pour le dégager de mon front, et je me suis retourné, la mine ennuyée mais néanmoins détendue.

« Bien sûr qu’ils se sont inquiétés … Tu n’auras qu’à leur demander quand tu reviendras. »

Pour ne paraître trop froid, comme me l’avait souvent reproché Nathan, j’ai esquissé un sourire encourageant. Les choses allaient mieux, ce n’était pas le moment de le braquer à nouveau. De toute manière, ce n’est pas comme si j’étais quelqu’un d’enthousiaste par nature, mais disons que je m’améliore. Du moins j’essaie. C’est sans doute pour le mieux compte tenu de la susceptibilité des gens. Peu importe, je voulais juste que les choses se passent bien, et nous étions destinés à nous supporter jusqu’à la fin de l’année.
Je n’avais pas déjeuné ce matin, et c’est avec une certaine fureur que mon estomac manifesta ses droits tandis que le silence s’était installé. Par réflexe, j’ai croisé les bras et mon regard s’est posé ailleurs que sur mon nouveau colocataire. Étais-je gêné ? Peut-être. Ce n’était jamais agréable, ce genre de situation, et comme je venais de cracher mes boyaux, mon corps réclamait l’énergie nécessaire pour commencer la journée. Un rictus figé se dessina sur mes lèvres, et, toujours évitant le regard de Sören, je le prévins de ma virée dans les cuisines du château, n’étant pas un très grand fan de la Grande Salle.

« Je vais chercher à manger. Tu veux que je te ramène quelque chose en particulier ? »

J’étais un abonné au café et aux choses sucrées, n’en déplaise au diabète qui m’attendrait certainement au tournant si je ne me calmais pas très vite. Et comme le meilleur moyen de me détourner de l’alcool était le sucre, je me devais de faire un choix. J’étais cependant curieux de connaître les préférences de Sören en matière de petit-déjeuner, et je réalisais que je ne savais pas grand-chose de lui, hormis son terrible secret. Et lui ne devait pas en savoir plus à mon propos compte tenu de ma discrétion légendaire. Ce n’était pas plus mal, je ne m’estimais pas comme étant quelqu’un de particulièrement intéressant, si l’on oubliait les quelques petits détails de mon passé qui affolerait à coup sûr le club journalisme.
J’attendis que Sören me donne les instructions nécessaire, puis je quittai la chambre en coup de vent, filant vers mon objectif, affamé par les derniers événements de la matinée. Les couloirs étant vides, je n’avais aucun mal à arriver à mon but. Comme je n’avais cours qu’en début d’après-midi, aucune raison de se presser. Les choses iraient de mieux en mieux, c’était ce qu’il y avait à espérer pour le moment. Et je voulais vraiment y croire. Vraiment.

« Bonjour. » Ai-je simplement soufflé en entrant dans les cuisines. Déjà, les cuistots s’affairaient autours du futur repas de midi, et la simple odeur de croissants chaud me rendait encore plus faible que je ne l’étais déjà. Après un bref signe de tête de la part du chef en service, je me dirigeais vers la machine à café, normalement réservé aux employés, pour servir une tasse et attraper quelque chose pour Sören. Tasse en main, nourriture dans l’autre, je remontais à l’aile Hurlevent en essayant de me presser pour ne pas faire attendre plus longtemps mon colocataire. Une fois devant la porte, je poussai celle-ci à l’aide de mon pied, et l’entrée fut plus ou moins maladroite. j’avais failli renverser mon café, mais à mon plus grand soulagement, je ne l’avais pas fais.

« Tiens, en espérant ne pas m’être trompé. »

Je lui ai lancé son du, tout en m’asseyant sur mon lit pour savourer ma dose de caféine journalière. Le simple fait de boire me revigora un peu, et mon estomac se calma au bout de quelques gorgées. Le malaise était toujours là, mais moins puissant, moins dangereux. Et j’espérai que ce serait le cas pour Sören.

Parce qu’il méritait vraiment d’aller bien.

by Epilucial




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