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 Cassandra O'Kingheart || Les mots dans le silence. [ E.C. ]

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Invité
Invité
MessageSujet: Cassandra O'Kingheart || Les mots dans le silence. [ E.C. ]   Mar 27 Jan - 5:09


 

 
O'KINGHEART - Cassandra

 
 

 
Informations

  Nom Complet :: Cassandra O'Kingheart.
  Surnom :: Cassy.
  Date de Naissance ::  07.09.1998
  Race :: Idesyam.
  Sexe :: F.
  Âge :: 16 ans.
  Orientation Sexuelle :: Incertaine.
  Classe ::  Tu recevras un questionnaire une fois ta présentation terminée. Tu le rempliras, et on t'annoncera ta Classe lors de ta validation c:
 Année de Cours :: 5ème année.
 
Derrière l'écran

  Comment as-tu découvert le forum :: En voyageant entre les pages des forums de forumactif. C'est possible de remercier forumactif ..? °^°"
  Comment le trouves-tu ::  Très... Très... Très rose...?
  Tes disponibilités :: A peu de chose près 5/7, je consacre le week-end à mes amis mais il m'arrive de passer malgré ça.
  As-tu lu le règlement ? :: Les hors-la-loi ne sont pas toujours pas beaux !
   Si oui la preuve :: Disséqué par Sorayel ~
  Autre ::  Non, pas que je sache.
 
 
 
Miror, miror

Le temps n'a plus d'emprise sur mon corps. Maudit par le sort de mon père biologique, désormais pourchassé pour avoir bravé un interdit pour sa propre satisfaction, mon corps ne grandit plus depuis mes dix ans. J'ai, malgré cela, bel et bien seize années de vie derrière moi. Mais, abstenons-nous d'en dire plus, et passons plutôt à la description de ce que vous saurez voir de moi.

Ce qui attire le plus souvent le regard, il faut bien l'avouer, est la masse de cheveux qui couvre ma tête. Non pas qu'avoir des cheveux soit très étonnant, encore heureux d'ailleurs, mais leur couleur est un mystère en soi. D'un profond bleu marine, semblant parfois s'éclaircir à la lumière, être parsemés de mèches plus ou moins turquoise ou encore violine selon l'angle, mes cheveux sont suffisamment longs pour pouvoir tomber plus bas que mes omoplates, dans mon dos, arrivant presque à la moitié de celui-ci, bien qu'ils soient plus proches de ma nuque qu'ils ne peuvent l'être de mes hanches. Très soyeux, ils enveloppent l'air dans une odeur de cerise envoûtante du au shampoing que j'utilise sans jamais en changer, et glissent entre les doigts lors de caresses. Je ne dirais pas "très soyeux" simplement pour me vanter, mais plutôt parce qu'il est un fait avéré que ce toucher soyeux n'est pas qu'un avantage auprès de la presque gente masculine ou bien des demoiselles qui, me trouvant "trop mignonne" s'amuse à jouer avec ceux-ci. Non, en réalité, ils me mènent la vie dure en laissant glisser le long de leurs filaments tout ce que je peux vouloir y accrocher, y nouer. Ainsi, même si je suis correctement et soigneusement coiffée tout les matins, deux petites couettes retenant le haut de mes cheveux par des rubans de couleur allant avec mon humeur, le reste étant libre, il m'est impossible de ne pas avouer parfois que c'est un véritable calvaire de les attacher. Mais l'apparence étant une chose importante, notre enveloppe étant toujours ce que les gens voit en premier, je m'applique à les brosser dès que je soupçonne un nœud d'y élire domicile, ou bien que les mèches de ma frange, cachant une partie de mon front, décident de mener une vie dissociée de la mienne.

Lorsque je dors, l'on se demande de quelle couleur peuvent bien être mes yeux sous le lourd voile de mes paupières. Certains diront noisettes, d'autres d'un vert émeraude, d'autres encore proposeront une couleur égalant l'or. Mais la vérité, c'est que mes yeux sont bleus. Mais pas simplement un bleu amoureux, non, d'un bleu si clair qu'il laisse croire à certains que je ne vois absolument rien, alors que c'est loin d'être le cas. En réalité, avant, mes yeux étaient d'un bleu profond, presque noir, cerclés d'un vert qui parfois donnait l'impression d'y voir la Terre, puis le sortilège que l'on m'a jeté à fait courir à travers mes membres une magie n'étant pas mienne. Et si le reste de mon corps n'a pas subit de modification, par chance j'imagine, mes yeux se sont éclaircis au point d'en paraître atteint de cécité. S'il faut vraiment le préciser, mes yeux voient parfaitement bien, même s'il est vrai que mon œil droit voit moins bien que le gauche. Je ne fais cependant pas partie des personnes qui iront porter des lunettes, je n'en ai pas besoin et je crois que même s'il venait à un jour y avoir ce problème, je tenterais d'y échapper le plus longtemps possible, trouvant les lunettes relativement affreuses quelles qu'elles soient, bien qu'elles donnent généralement un air très intelligent. Ce dont je n'ai de toutes façons pas besoin non plus.

Un visage d'ange. C'est ce que l'on m'attribue souvent, principalement parce que ma peau lisse me possède aucune imperfection. Le seul avantage du fait d'être arrêtée dans le temps, je ne connais que le début de l'adolescence, m'épargnant cette période qui semble briser l'identité des autres adolescents à l'apparition de boutons dégradants. A côté de cela, je suis très naturelle, je n'ai pas un corps me permettant de profiter des inventions qui décorent l'apparence. Je ne me maquille jamais, pas même d'un coup de crayon sous mes yeux, pas même d'un coup de rose à lèvres. Je ne fais qu'humidifier mes lèvres de temps à autres, en m'abstenant de me les pourlécher pour m'éviter qu'elles ne se gercent. Et mes cils, très longs, s'emmêlent parfois entre eux à mon réveil sans que je n'ai besoin de les couvrir de quoi que ce soit. Ils m'accordent un regard qui, bien que froid voir impassible, est fin au point d'en paraître parfois doux. Sur les côtés de ma tête se retrouvent des oreilles à la forme parfaitement humaine, pas d'oreilles pointues chez moi, pas même percées parce que je crains d'avoir mal, étant sensible à ce niveau lorsqu'il s'agit de mes lobes, mes oreilles sont toujours attentives mais ne supporte pas les sons récalcitrants me donnant rapidement mal à la tête. Mon visage en général est relativement rond, caractéristique fidèle à l'enfance, mais possède des traits soigneux, délicatement dessinés.

Sous ce visage de poupon se trouve un cou. Et, bien que décrire celui-ci puisse paraître étonnant, ça n'en reste pas moins obligatoire pour mon cas. Non pas que je crois que les vampyrs en soient intéressés, je suis au courant de leur aversion au sang humain, aversion fortement compréhensible soit-dit en passant, mais mon cou possède la marque du sortilège que l'on m'a jeté incrusté dans la peau comme une sorte de tatouage. Une rose noire orne son avant, vers sa base, et s'étire depuis celle-ci des ronces partant vers les côtés de mon cou et tentant d'en faire le tour, s'installant aussi contre mon poitrail et mes épaules comme pour former une sorte de collier très large. Ainsi, il est évident que mon cou n'est jamais exposé aux gens, que je porte toujours de quoi le couvrir autant que possible, bien qu'il soit très imposant. Comme la marque d'une corruption à laquelle je ne peux pas échapper, c'est un véritable complexe. Sous ceci, comme pour la reste de mon corps, ma peau est pâle, même si toutefois plus rosée que celle des créatures ayant du mordant, et ce principalement parce que je déteste devoir sortir au soleil, me cachant la plupart du temps lors des saisons chaudes sous mon ombrelle ou dans des recoins sombres où l'on ne viendra pas me proposer quoi que ce soit comme mouvement.

En baissant légèrement le regard, l'on parvient à mes épaules, parce que bien évidemment l'on se sera orienté sur les côtés et non pas juste tout droit. Mes épaules, étroites, frêles, laissent comprendre que je ne suis pas pourvu d'une force de bélier, loin de là. Je ne suis déjà pas capable de porter moins que mon propre poids, mais alors s'il fallait que je porte plus. En sachant que je fais très exactement vingt-huit kilos pour un mètre trente-quatre... Pour ces raisons relativement évidentes, il sera tout bonnement impossible de me voir courir après qui que ce soit, ou quoi que ce soit. S'il faut prouver son endurance, ou bien sa force brute, je ne serais pas au rendez-vous. Et s'il faut réellement se dépêcher de passer d'un point à un autre, je m'arrangerais pour que quelqu'un me porte sans rien avoir à donner en échange. Je ne suis même pas particulièrement souple, bien que soit capable de faire un grand écart sans me briser les os. Très lente, et pas n'étant ps décidée à changer ce point, je suis la limace qui ne sait pas faire grand-chose d'autre que tenir une position à l'aide de sa magie.

Je n'ai pas de poitrine. Non pas que cela me gêne réellement, mais il est vrai que ce n'est pas commun de ne réellement pas avoir la moindre once de forme à seize ans, bien que mon corps soit arrêté dans sa course. Je ne me plaindrais pas de ne pas avoir de poitrine, au moins je ne suis pas embêtée avec les douleurs au dos dont j'entends tant parler, et cela me permet de ne pas avoir à me soucier du fait que ces sphères ne passent pas dans mes hauts. Hauts très atypiques, d'ailleurs. Aimant les froufrous, mes robes m'arrivant aux genoux ou légèrement au-dessus, dans des couleurs toujours très sobres, sont souvent ornées du symbole de la lune qui se trouve aussi sur les armoiries de ma famille. Mais il n'y a pas que ce genre de vêtements dans mon armoire. Je suis aussi capable de me vêtir de façon plus "conventionnelle" bien que ce soit très rare. Ce sont alors des tissus plus lourds, possédant moins de rubans et breloques pour décorer, plus simples en somme.
 
Spirit

Si le soleil devait tomber dans l'océan, disparaître comme avalé par l'horizon, unique frontière à ma vue, je sais que je ne réagirais certainement pas plus que les autres, ou alors peut-être encore moins. Il n'y a plus grand-chose pour m'atteindre, je ne fais qu'attendre que le temps passe et qu'il m'emporte. Quelque chose à l'intérieur de moi s'est brisé, depuis longtemps déjà, et ce ne sont ni Papa ni Mama qui pourront le reconstruire. Les gens me disent souvent très intelligente, très pertinente pour mon âge, je ne demande encore s'ils ont remarqué les cicatrices du temps qui dorment sous ce corps d'enfant, mais je crois que la vie forge l'existence, et que mon existence a été forgé de façon plus brutale, mais aussi plus précise. Je sais où sont posées mes limites, je sais les lignes à ne pas franchir, mais ce savoir me permet aussi de savoir où sont les véritables risques. Ainsi, si le soleil tombait, la végétation se tarirait, la vie disparaîtrait. Mais qu'ai-je à craindre de cela ? Toute histoire connait début et fin, et ma vie ne fera pas exception. Je suis relativement figée sur cette pensée, depuis quelques années, comme si j'avais certainement découvert au plus profond de moi une vérité m'ayant détaché de ce monde. Je vie, je bouge, je respire, mais tout ce qui m'arrive me semble si souvent arriver à quelqu'un d'autre. Je regarde parfois, comme si je n'étais pas la victime de ce temps et comme si quelqu'un avait prit ma place pour subir. La douleur ne m'atteint presque plus, j'ai certainement déjà arrêter de ressentir la morsure du froid. Mes nerfs doivent être aussi fatigués que mon esprit l'est. La vie des gens m'importe peu, elle n'a à mes yeux pas autant de valeur que pourrait l'avoir la mienne. Bien que j'attende l'étreinte de la faucheuse, je ne veux pas faire de mon vivant un Enfer sans nom. Ainsi, s'il faut passer sur les gens lambda, je ne me priverais pas de le faire, parce qu'il est évident que si une si petite demoiselle peut leur marcher dessus, ce qu'ils n'auront pas eu assez de détermination pour échapper à ce soucis. Il peut exister des exceptions, mais celles-ci sont très rares compte tenu du fait que je voue plus de considération à mes peluches qu'aux êtres vivants autour de moi, qu'ils soient humains ou animaux.

Au creux de ce corps semblant si jeune, demeure tout de même un cœur battant depuis seize ans. Et ainsi, bien que l'on s'attende certainement toujours à ce que je ne sache pas émettre d'avis sur les choses, j'en suis parfaitement capable. Les conversations les plus philosophiques sauront attirer mon attention et me tenir en haleine jusqu'à la fin, jusqu'à l'ennui. Je participe donc avec une grande assiduité, bien que sans jamais montrer mon intérêt, à toutes discussions pouvant m'apprendre quoi que ce soit, cultiver ce que je sais déjà, ou bien m'en apprendre plus sur l'avis général des gens de mon entourage. Et si l'on me demandait ce que je pensais des politiques, je saurais tout autant répondre de façon personnelle que si l'on m'avait demandé ce que j'avais pensé du dernier film que j'ai pu voir. Comme quiconque, cependant, je sais aussi me fondre dans la masse, mon niveau d'adaptation à mon environnement étant assez élevé pour que je ne me fasse pas remarquer à longueur de journée. Dans le même principe donc, je suis tout à fait capable d'approuver une idée très éloignée de la mienne. Certainement une forme d'hypocrisie suffisamment avancée pour en paraître tout à fait naturelle de l'extérieur, tout en m'en laissant mon propre avis intact.

Une certaine lassitude de tout me coupe des fourmis que sont ces gens vivants comme si le temps leur était compté, ou comme si celui-ci allait leur filer d'entre les doigts d'un instant à l'autre, mais mon esprit ralenti ne s'en pose pas moins sur les détails que ceux-ci peuvent laisser derrière eux, fonctionnant dans une sorte d'analyse continue. Cette attention permanente, qui m'ennuie, mais qui assume ma sûreté, est une obligation personnelle. Personne ne m'a jamais ordonné d'être ainsi, bien évidemment Papa et Mama n'auraient jamais voulu contrarier leur petite fille avec un ordre aussi inutile à leurs yeux, mais le temps m'a apprit à tendre l'oreille, à regarder minutieusement, ce qui a tôt su devenir un parfait reflex. De par ce non-repos perpétuel, mes pensées ne s'arrêtant que très rarement de tourner en rond dans ma tête, ne m'accordant aucun répit à la tombée de la nuit, une fatigue conséquente s'abat régulièrement sur moi sans prévenir. Il n'est donc pas rare de me voir m'endormir dans des situations relativement improbables, parce que réfléchir à toutes allures n'est pas une habitude, bien que je réfléchisse effectivement tout le temps. Certains disent de moi que je suis une locomotive. Une très vieille locomotive. Ils entendent certainement par-là que j'arriverais toujours à ma destination, mais qu'il sera toujours impossible pour moi de quitter mon rythme lent. Ils ne sont pas que dans le faux, mais pas non plus uniquement dans le vrai. Il peut m'arriver de réfléchir très vite, de me servir des informations emmagasinées pour me sortir d'impasses déplaisantes, mais ce n'est pas dans ma nature de faire cela à chaque fois. Je suis peut-être simplement fainéante.

Il n'est pas rare que je m'égare. Etant toujours perdue dans mes pensées, je suis toujours très distante de mes propres actions, presque comme si j'avais la tête dans les nuages selon l'expression. Et de ce fait, je m'égare effectivement fréquemment. Et si je sais toujours d'où je viens, je ne sais pas toujours où je peux me trouver par la suite. Sans compter que ma mémoire étant déjà bien assez occupée par des informations inutiles et variées, comme de savoir que les bulles des bandes dessinées se nomment des phylactères, et qu'il m'est donc presque impossible de retenir le nom des gens. Pour échapper à la torture de me faire réprimander pour cet oubli, j'attribue donc à chaque personne pouvant venir à dialoguer avec moi le prénom de l'une de mes peluches. Ou bien le nom d'un ancien animal de compagnie. Et même si cette idée est tout à fait saugrenue, les gens ne s'en plaignent pas forcément. Peut-être se sont-ils fatigués de me le répéter, d'un côté.

Je suis une fervente adoratrice de la lecture. Et échanger des bouquins avec moi est certainement la meilleure façon pour obtenir le droit de me déranger peu importe l'instant. Ce que je n'apprend pas pendant les cours, je l'apprend dans mes livres, dans lesquels je passe le plus clair de mon temps. Ils occupent mon esprit sur une idée fixe, sur un sujet certain, et m'empêchent ainsi de diviser ma réflexion sur plusieurs points en même temps, évitant ainsi l'anarchie la plus totale à l'intérieur de mon crâne. Dans le même cadre, je communique difficilement avec les gens de mon âge, n'ayant pas envie de devoir supporter l'embarras de leur voix, et la fermeture, cette sorte d'aura comme un bouclier, que la lecture hisse autour de moi empêche très généralement les gens de m'approcher. Certains esquivent ainsi le monde extérieur avec de la musique, mais les pages ont bien plus de valeur et d'intérêt pour moi, quant bien même celles-ci m'apprennent ce sur quoi je réfléchirais pour le reste de la journée. Mes quelques amis disent de moi que je suis un véritable puits de connaissances, mais j'ai bien peur de devoir réfuter ce fait, principalement lorsque l'on sait que je ne connais toujours pas mes tables de multiplications. De la connaissances inutiles obstrue mes neurones, comme une sorte de virus qui m'aura retiré l'envie d'apprendre, de communiquer, de partager, comme si j'avais déjà bien assez à l'intérieur de cet boite gardant captif mon cerveau.

La magie qui habite mon corps, qui coule dans mes veines comme un flot à la fois si évanescent et persistant pourtant, est un héritage. Et bien que je désire tant m'en débarrasser, me vider de mon sang ne réglerait pas ce soucis. Ainsi, d'un père et d'une mère Idesyam tout comme moi, je possède une puissance n'étant pas divisée par une quelconque hybridation. Mes gênes sont considérés, par mes confrères de la même race, bien que je trouve ce mot fort mal choisi, comme étant purs. Mais je crois ne pas être la seule à me rendre compte de ce que l'on a posé entre mes mains et que je ne saurais accepter. Mes mots sont la pluie, le vent, le feu, ils se changent en lames invisibles, en ronces que l’œil ne saurait voir, tenant si écarté de moi tout ce qui a fait qu'avec les années ma carapace est devenu une véritable armure. Et que suis-je capable de faire ? A la différence de mon père biologique ayant sombré dans ce vice sans cure, j'ai suivi la lumière auprès de Papa et Mama. Ainsi, je suis spécialisée dans ce qui s'avouera être plus défensif qu'offensif, bien qu'il puisse m'arracher de faire gronder la terre pour me débarrasser de qui occupe et bloque mon chemin. Très attentive pendant les cours, auxquels je ne participe que par un silence respectueux, et dotée par la lecture acharnée d'un vocabulaire à la grandeur et profondeur toutes deux conséquentes, je n'ai jamais l'esprit vide de sorts. Cependant, lorsque ceux-ci en sortent, ce n'est pas aussi fort que pour la plupart de mes camarades. Je ne parle pas là de force, nous autres possédant tous des capacités différentes, mais du fait que je ne pourrais pas prononcer mes sortilèges d'une voix claire. Je ne suis capable de provoquer ceux-ci qu'à l'aide de murmures, s'avouant très simple à déranger pour me déconcentrer.

Le passé attaque quiconque le regarde trop. Et souvent, il s'allie au futur pour que le sol se dérobe sous nos pieds quand nos yeux se perdent dans les illusions des sourires effacés. Je sais que les erreurs qu'on commit les membres de ma famille, et plus particulièrement mon père biologique, me suivront jusqu'à la fin de mes jours. Après tout, mon corps ne ressemble pas à ce à quoi il devrait ressembler à cause de cela, et il court certainement des rumeurs que mon avenir est voué à sombrer dans les ténèbres. Mais qu'y puis-je ? Si tout est déjà scellé, je me débarrasserais de ma faible force des chaines qui me retiennent les unes après les autres, et je reprendrais ce qui m'appartient et me revient ainsi de droit. Même si mes yeux froids ne savent faire confiance à personne, même si ma voix ne sort d'entre mes lèvres que pour de courtes phrases sévères malgré les notes tremblantes, même si mon cœur semble être fait de glace, je ne me briserais pas, je ne m'écarterais pas de ce qui est devenu une idée fixe. Ce corps faible saura porter mes espoirs, mes objectifs et mes attentes. Et ce sans que jamais quiconque ne puisse penser que ce calme ne couvre que la tempête qui fait rage en moi.

Les moments de solitude sont les plus durs. Ces moments où le passé se saisit de moi comme d'une poupée de chiffon et me projette contre les parois de mon esprit trop étroit. La colère prend les rennes, agitant ce petit corps de soubresauts furieux, nichant à mes yeux des larmes de rage. Une facette de moi que nul ne voit jamais, bien que fréquemment mes peluches la subissent en perdant un à un leurs membres. Et ces colères subites, cette furie qui sommeille le plus souvent dans mon cœur, ont fini par fendre les murailles. Le manque de sommeil lorsque la nuit vient, me soumettant dormir le jour, le dégoût de la nourriture, ont fait de mon corps mais aussi de mon caractère des choses très voir trop fragiles. Secouée par un souffle, terrassée par une démonstration de force, je ne fais pas le poids face à ceux qui ne succombent pas à la panique, bien qu'étant très tactique je sache généralement comment pousser un opposant à se replier sur lui-même. La force de mon corps ne tient pas la barre imposé par mon psyché et, dans les méandres de mes idées, c'est la constatation de mon impuissance qui m'enrage le plus. Le calme, qui me rappelle qu'il reste tant à faire sans que je ne parvienne à avancer, ou alors pas assez vite à mon goût, me fait perpétuellement marcher sur des chardons ardents comme punition à mon impatience face à mes souhaits.

Une part de moi est restée figée à l'âge de mon corps. Peluches, robes à froufrous, sucreries, contes des fées, sont des choses qui parviennent parfois à m'adoucir et glisser sur mes lèvres un fin sourire enfantin. Et, fidèle à ce côté de moi-même, je ne tente pas de me faire subir une image que je ne saurais tenir. Mes peluches me rassurent, en plus de parfois servir de catalyseurs à mes sorts, et ainsi je n'ai que faire de ceux qui pourraient rire du fait que j'en trimbale toujours avec moi, leur patte dans ma main comme une enfant s'étant perdue chez elle, à la recherche de ses parents. Ce que je suis très probablement. Littéralement terrorisée par l'orage, par le noir, je ne supporte pas non plus la foule dès qu'elle m'empêche de voir un chemin pour en sortir. Dans mes crises de panique, comme beaucoup, il me prend de pleurer toutes les larmes de mon corps, recroquevillé sur moi-même. Mais, tout de suite moins fréquent, simplement me contenter de cela serait anodin. La plupart du temps, mon esprit se décroche, je perds le contact avec mon corps en sombrant dans une semi-inconscience imposant  à mon corps une sorte de mode de pilote automatique, pendant lequel il peut m'arriver de me griffer, ou de me blesser volontairement avec tout objet contondant se trouvant à ma portée.

 

 
Diary

Le vent soufflait fort, depuis plusieurs jours déjà, comme en avertissement d'un avenir sombre, portant çà et là la nouvelle d'une catastrophe à venir. Mais personne n'y prêta attention, tous trop occupés à envoyer les invitations pour la prochaine naissance de l'héritière de la famille O'Kingheart : une Cassandra. Et je vis le jour, à l'aurore, de parents tout deux Idesyam, et ce flot de sang dans lequel coulait la magie comme la vie scella dans le silence du complot des Dieux un bien funèbre futur. Ma mère, une femme vertueuse, dotée d'un amour qui ne connaissait pas de limite, et mon père, un grand homme de cœur, firent fêter sur plusieurs jours au manoir où nous résidions ma naissance dans un étalage de victuailles venant de partout dans le monde. Les réceptions connurent un grand succès et, tout ami de la famille ayant répondu à l'appel, offrit en l'honneur de ma venue sur terre un présent qui fut enfermé dans une salle à laquelle je n'aurais le droit d'accéder qu'après être devenu une femme. Mais nulle n'aurait pu savoir que ce jour, ce beau jour, ne viendrait jamais.

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Le regard posés sur le ciel, admirant cette couleur qui, si lumineuse m'obligeait à plisser les yeux, je profitais de la sensation d'être allongée dans l'herbe. Le vent, doux, frais, glissait contre mon visage, poussant quelques mèches à caresser ses coins. C'était une journée paisible, comme toutes, et, dans un sourire, je pensais à ce que l'on allait bien pouvoir m'apprendre. Alors que je rêvassais sur la magie, me demandant quelle limite pouvait connaître mon pouvoir, une voix simple mais tendre me sortit de mes pensées pour m'annoncer que bientôt le cours commencerait. En me redressant, époussetant ma robe pour ne pas être disputée, je regardais ma gouvernante qui, intriguée par mon intérêt soudain, pouffa de rire avant de me faire remarquer qu'il me restait des brins d'herbe dans les cheveux. Sans même réellement m'en inquiéter, connaissant la suite, je me précipitais vers elle pour me fondre entre ses bras, la laissant dans un rire ôter de mes filaments bleus ces touches de vert. Et enfin, après quelques minutes dans son étreinte, elle m'en délivra, me rappelant que je ne devais pas traîner sans quoi mon maître se plaindrait encore de mon manque de ponctualité. En hochant sagement la tête, je filais donc pour rejoindre le manoir en courant à travers le jardin, tentant en passant de ne pas écraser les fleurs que ma mère avait planté quelques jours auparavant. Je l'avais déjà fait une fois et, je m'en souvenais encore, mère avait dit que les fleurs étant vivantes, j'avais été très méchante avec elles. J'avais passé de mon plein gré les prochains jours à prendre le plus grand soin d'elles et, en sautant au-dessus du par-terre de fleurs, j'agitais la main comme pour un dire à un ami imaginaire. Juste un instant, un court instant, sous le vent qui les penchait légèrement, j'aurais pu jurer qu'elles tentaient de me répondre.

Finalement, parvenant près de la porte de derrière, cachée sous une sorte de toit de verre dont j'ignorais toujours le toit, et sous lequel nous mangions parfois lorsqu'il faisait chaud, je vérifiais une dernière fois que ma robe était correctement mise, et que je n'avais pas salit mes chaussures. Je passais ma main dans mes cheveux, en gloussant, me sentant coupable d'avoir encore échappé à la surveillance des servantes pour aller paresser à l'extérieur. Et je décidais ainsi de me faire aussi discrète que possible pour rejoindre la bibliothèque où devais m'attendre mon maître. En me glissant à l'intérieur, sur la pointe des pieds, je frôlais les murs, pas capable pour autant d'arrêter de glousser, comme un véritable espion, et finissais par monter aussi vite que possible, plus loin, les marches d'un escalier secondaire vers le premier étage. Bien évidemment, là-bas, dans un couloir presque étroit, dont tout un côté était décoré de fenêtre laissant percer la lumière du soleil, je croisais les servantes qui, de leurs yeux fatigués, m'observèrent une facture de secondes avant de s'incliner. Je n'y prêtais pas plus attention et, cessant de courir de peur de renverser quelqu'un, principalement celles portant les plateaux qui avaient souvent déjà fait les frais de mon agitation, j’accélérais légèrement mon pas. En parvenant finalement devant la bibliothèque, je m'arrêtais avant le cadre de la porte ouverte pour prendre une brève inspiration, rentrant finalement en poussant un cri aigu, jetant les bras dans l'air comme un fantôme. Un cri plus grave s'élança à la suite, suivit d'un son de verre se brisant et, rentrant la tête entre mes épaules, je riais d'un air embêté alors que mon maître tournait la tête vers moi, la figure sévère. J'avais certainement fait peur à une servante au même moment.

Ses grands yeux verts, qui faisaient battre mon cœur plus vite sans que je ne comprenne pourquoi, me courroucèrent quelques secondes et, dans un soupir, il m'indiquait finalement ma place, s'étant certainement rendu à l'évidence sur le fait que je ne sois pas domptable. Il ouvrit un livre, dont je ne parvenais pas à lire le titre tant l'écriture sur la couverture était penchée et me semblait être d'une autre langue, et dans un geste de main murmurais avant que le livre sur la table en face de moi ne fasse se soulever ses pages, tournant et tournant alors que je me contenais de passer le doigt dedans pour voir si je pouvais arrêter sa magie. Finalement arriver à la bonne page, il commença sa leçon, dans le presque silence d'un mardi après-midi.

- Mademoiselle Cassandra, vous souvenez-vous de la dernière chose dont nous avions parlé hier ?
- Julius ! Tu m'appelles encore comme ça !
- Mad-... Cassy, veux-tu bien te faire plus discrète ? La porte est encore ouverte.

Et il avait bien raison. Nous devions être très discrets sur notre amitié, sans quoi les servantes iraient certainement raconter que les sentiments, le lien entre moi et maître Julius allaient secouer le fil de ma concentration. En me levant, plaquant mes mains sur la table près de mon livre, je fixais la porte comme si mon simple regard eut été capable de la faire bouger. En entre-ouvrant les lèvres, laissant l'air y rentrer pour gonfler ce poitrail chétif, je murmurais avec détermination, tentant de visualiser dans mon esprit le mouvement de la porte.

- Au secret mélodique dont nous sommes virtuoses, qu'il n'y est ici que des portes closes.

La porte claqua. Sévèrement. Et, rentrant à nouveau ma tête entre mes épaules, j'observais le chemin de mes idées qui visiblement n'avait pas fermé qu'une simple porte. Quelques cris fendirent le silence habituel et, en se tournant, Julius me regardait encore de cet air très froid. Au moins, j'avais fermé notre porte ! Certainement la plupart autour dans l'étage aussi, mais qu'y pouvais-je ? Je ne maîtrisais pas encore à la perfection le dosage de mes phrases. Même s'il était vrai qu'en faire une aussi jolie, dont j'étais très fière, n'avait certainement pas été une aussi bonne idée que ça pour simplement fermer une porte. Le jeune homme, son livre ouvert dans une main, tenant par sa paume, s'avança vers la porte et, tournant la poignée, grogna discrètement mais pas assez pour que je ne l'entende pas. La porte était "réellement" fermée. Et je ne savais absolument pas comment annuler mon sort. En me déplaçant, tentant de retrouver son visage et non son dos, j'observais ses lèvres s'agiter sans que je n'entende rien, bien que je tende l'oreille avec tout autant d'attention qu'à chaque fois, avant que la porte ne puisse de nouveau être ouverte. Des assiettes jonchaient le sol, un peu plus loin dans le couloir, et une servante, les yeux écarquillés, tremblante, assurait à sa collègue que la porte s'était fermé devant elle d'un coup si sec qu'elle en avait eu peur de voir son nez coupé et ses doigts brisés. Je me faisais minuscule, penaude, derrière mon maître qui s'assura de réparer ce qui pouvait l'être avant de m'ordonner de retourner dans la bibliothèque.

En rentrant sagement dans la pièce, ne voulant pas faire d'autre bêtise, je m'installais sur ma chaise et remontais mes mains devant mes yeux. Elles ne me servaient pas à grand-chose. Ce qu'il fallait craindre chez moi, comme le disait si bien mère, c'était la puissance de mes mots, et l'absence de contrôle que je pouvais avoir sur eux. Parfois, je me demandais si ce n'était pas dangereux. Mes yeux se plissèrent légèrement alors qu'étrangement ma vue fondait dans une sorte de brouillard. Quelque chose de chaud et froid à la fois finit par en déborder et, me remarquant moi-même en pleurs, je me cachais derrière mes mains, tentant d'étouffer mes sanglots pour n'inquiéter personne, n’alerter nulle âme. A tant pleurer, mes propres sanglots résonnant dans mes oreilles et mon esprit, je n'entendis pas ce son si doux de talons parcourant le couloir pour finalement que l'on ouvre la porte. Alors, je levais la tête, des sillons salés encore visibles certainement sur les joues, n'étant pas capable d'arrêter cette peine dont j'ignorais la nature. De beaux et grands yeux à la couleur de l'océan se figèrent sur moi et, alors qu'elle refermait la porte derrière elle, la silhouette à la grâce me rendant si timide s'approcha pour venir se pencher au-dessus de moi, attrapant mon visage entre de longs et fins doigts. Elle extirpa d'une poche que je n'aurais su voir un mouchoir de tissu et, essuyant mes larmes avec une douceur si grande que je ne sentais pas le tissu contre ma peau, me sourit avec bienveillance alors que je reniflais bruyamment.

- Allons, allons, quelle peine agite donc autant mon petit bourgeon de fleur ?, souffla t-elle dans une voix dont les notes auraient danser si elles l'avaient pu.
- Mère... Mère... J-Je suis si désolée...
- Chsss, chsss, là là, tout va bien ma petite, cesse donc de pleurer. Voudrais-tu abîmer tes beaux yeux ?
- Non mère...

Elle demeura là, à mes côtés, sans même m'expliquer ce qu'elle pouvait bien venir faire au premier étage alors qu'elle ne quittait jamais le second, observant la vie au-dehors depuis sa fenêtre sans, tout du moins je l'avais toujours cru ainsi, jamais pouvoir observer la vie entre ces murs. Sa voix bientôt ne glissa plus d'entre ses lèvres, nous avions fondu dans le silence le plus parfait, nous coupant du reste de la demeure alors que, assise en face de moi, les yeux clos, elle ne bougeait plus d'un cil. Calmée, presque comme apaisée par son image, je posais les yeux sur elle non sans rougir, ne sachant pas si j'avais le droit d'autant la regarder sans que cela ne semble impoli ou déplacé. De longs cheveux bleus cascadaient sur ses épaules, ornés de perles blanches. Et je savais que, si elle venait à se lever à nouveau, je pourrais voir, franchir la porte dans l'autre sens, un ange tout de blanc vêtu.

Et Julius finit par revenir, dans un soupir, la tête baissée vers ses mains parcourues de veines visibles, l'air visiblement fatigué de tant de grabuge. Sans même lever la tête, il me réprimanda :

- Cassy, j'aimerais que tu arrêtes d-

Sa phrase se coupa net dans son élan. Sa tête s'était relevé vers moi et, du coin de ses yeux à la couleur de la Nature éternelle, il aperçut cette figure de délicatesse, s'inclinant habilement à la suite en fixant le sol, comme s'il savait n'avoir pas plus le droit de poser le regard sur elle. Ma mère, sage, qui avait r-ouvert les yeux peu avant que la porte ne s'ouvre, glissa dans l'air la mélodie d'un rire cristallin et, enchantée, je n'osais pas dire le moindre mot, me mettant timidement à fixer mes doigts sur le tissu sombre de ma robe, les torturant entre eux en les tordant dans un peu tout les sens, priant pour que cela n'émette pas de son. Finalement, elle se leva de sa place et, venant au côté de mon maître, ce que je compris aux coups de ses talons sur le sol de bois, et bougea un bras, attirant mon regard dans son action. Je craignais qu'il ne soit réprimandé lui aussi mais, dans sa douceur habituelle, elle ne fit que poser la main sur son épaule pour lui intimer sans parole de se relever, ce qu'il fit comme un enfant que l'on a prit la main dans un pot de confiture. Elle le rassura de quelques mots, alors qu'il s'excusait dans tant de politesses que je ne fus rapidement plus capable d'en suivre le cour, avant qu'elle ne quitte la pièce en nous proposant de prendre une pause de quelques minutes pour souffler de notre dure labeur.

Une fois qu'elle eut disparu, je sautais de ma chaise pour courir me blottir entre les bras de Julius dont le regard fixait un point vague dans l'air, sa main posé sur l'épaule que ma mère venait de toucher. Je n'ignorais rien de tout ceci. Ce cœur que je sentais battre dans le confort de ses cajoles, battait à la vitesse d'un tambour de guerre, tentant de crier pour briser ce silence respectueux qu'il aimait plus que de raison. Et, en fermant les yeux, je me serrais un peu plus encore contre lui, laissant ce cœur si lourd dans ma cage thoracique faire écho au sien, tentant de nous persuader l'un comme l'autre que ce n'était que le contre coup de cet événement imprévu.

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Bouleversée, je n'arrivais plus à me retenir de frapper rageusement contre mon oreiller, le flot de mes mots ravageant les meubles de ma chambre qui s'étaient mit à léviter et tourner en rond comme pour que l'on ne m'approche pas. Et, la porte fermée à clé, je pestais de toute ma rage donc cette décision sans queue ni tête. Il n'avait rien fait ! C'était moi, c'était toujours moi ! Je lui avais, trop, et ce lien que nous avions réussi à tisser avait déplût. Les larmes d'impuissance qui coulaient de mes yeux ne suffisaient plus à refroidir ce brasier qui faisait table-rase de toute ma raison. Je n'étais plus capable de réfléchir, même mes sortilèges se heurtaient dans une chaîne de mots lugubres, faisant vibrer les murs du presque rugissement d'un lion s'éveillant dans un si petit corps.

Je n'avais jamais été à l'école, quant bien même j'en connaisse l'existence. Ma mère disait que les gens comme nous ne pouvait pas simplement se fondre dans la masse, qu'il y avait trop de précautions à prendre pour qu'à l'extérieur nous puissions nous considéré comme vivants et non pas survivants. Mais cette distance entre moi et le reste du monde, alors que l'on me retirait mon seul ami, était désormais quelque chose que je ne pouvais plus supporter. Pourquoi ne pouvais-je pas faire comme tout enfant de mon âge et aller frapper dans un ballon ? Où était l'intérêt de ces robes de satin, de ces richesses de connaisses, de ces magnificence de mets, si j'étais si pauvre de vie ?! En finissant par me saisir à pleine poigne de mon oreiller, je le lançais de toutes mes forces à travers les meubles qui se mirent à tourner si vite qu'ils le broyèrent, répandant dans la chambre un nuage de plume, avant qu'ils ne retombent si lourdement contre le sol, dans le sourd son de leur fracas. Il n'y avait pas que moi. Quelqu'un d'autre poussait mon corps, mon essence même, à cette force de colère que je ne savais pas contrôler. Mes mots s'arrêtèrent, soudainement, alors que j'entendais à l'extérieur des voix grimper jusqu'au premier étage où se trouvait ma chambre. En descendant de mon lit, traversant le champ des meubles dont certains s'étaient brisé, je me ruais sur la fenêtre qui me laissait la vue vers l'avant-cour du manoir où une voiture était garée. Une silhouette si familière, discutant avec une servante, attira mon attention et, ouvrant la fenêtre d'un coup sec, je le fixais entre mes larmes en songeant à peut-être sauter de cette hauteur pour utiliser la magie et amortir ma chute. Mais il était évident que je ne saurais pas former le moindre sortilège dans mon état et, le cœur arraché de ma poitrine par la douleur, je me contentais de crier son nom d'une voix tremblante.

Julius leva la tête, dans un sourire dont je discernais le mensonge. Lui aussi avait mal, lui aussi savait combien la peine n'avait plus de mesure désormais, mais il me souriait en agitant la main haut vers moi pour me faire signe d'à Dieu. Sans vraiment savoir quoi faire d'autre, je lui répondais avant de disparaître à nouveau dans ma chambre, m'asseyant au bas de la fenêtre, adossée à ce morceau de mur pour me recroqueviller sur moi-même. Les jambes tirées vers moi, entourées de mes bras, j'étouffais mes larmes à coups de promesses de retrouvailles, tentant de me persuader que nous nous reverrions un jour ou l'autre. Le seul homme de cette demeure s'en allait. Et, si frêle, si faible, je perdais avec lui la figure paternelle que l'on m'avait accordé en l'absence permanente de mon père. Mes yeux clos avec insistance, brûlant des pleurs qui m'avaient déjà terrassée, je songeais à cette vie misérable qui était en réalité la mienne. L'or ne me sauvait de rien, pas même de la solitude, ce n'était pas tout ces précieux matériaux autour de moi qui allaient remplir ce vide. Je n'avais jamais vu le visage de mon père, les photos ne comprenant jamais un homme à pouvoir citer comme paternel, mais l'on me racontait souvent qu'il n'avait jamais existé homme plus heureux que lui le jour où je vis le jour. Et où était-il désormais ? Chaque existence de ce manoir refusait de répondre à mes questions, toutes esquivaient comme par peur que le Diable ne les en maudissent. Je serrais un peu plus mes jambes contre moi, blanchissant les articulations de mes doigts en essayant de percer dans mon esprit, en vain, ce mystère planant autour de ce visage si bon.

La porte de ma chambre émit un son et, en relevant la tête, je regardais la poignée tourner avant que ma gouvernante légèrement dodue ne se dessine sur le pas de ma porte. Elle tendit les bras vers moi, faiblement, dévastée elle aussi par la douleur qu'elle devait partager avec moi dans sa bonté. Et pourtant, je ne me relevais pas. Je restais là, mes sanglots reprenant de plus belle. Le son de la voiture qui s'en allait, descendant le long chemin qui menait à la forêt nous séparant du village, fit redoubler mes pleurs au point que ceux-ci n'avaient plus le moindre rythme, secouant mon corps avec une violence que l'on ne pouvait que penser extérieure. Sur notre colline, dominant tout dans notre distance, nous séparions encore un peu plus nos souffles de ceux des autres. Et, désormais, je le savais, il n'y aurait plus de raison de me sentir coupable. Il n'y aurait plus personne pour m'accorder dans le secret un nom si proche, si complice, dans un air si naturel. Julius avait toujours été le seul à ne pas voir, lorsque nous étions seuls, la différence de statut entre lui et moi. Parfois, il me tirait les oreilles, me donnait à faire des exercices dont je ne comprenais pas le sens. Mais il avait toujours été là. D'aussi loin que je m'en souvienne, il n'avait jamais quitté mon côté et, même dans ses réprimandes je parvenais à trouver la tendresse de son attention pour moi. Ma gouvernante, Elise, enjamba les débris, grimaçant de tant de désordre, et vint se poser près de moi, glissant l'un de ses bras autour de moi pour m'attirer par l'épaule à venir contre elle. Dans les larmes, dans les éclats de verre comme des souvenirs éparpillés. C'était là qu'avait prit fin mon premier amour.

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Bientôt, il y aurait un grand événement au manoir. Et tout le monde s'activait tant que ma maison semblait reprendre vie. Assise sur une branche d'arbre, regardant en bas comme avec appréhension à l'idée de descendre, je songeais à ce remue-ménage. Mère, qui était venue me voir au premier étage le matin même, me semblait préoccupée mais, il fallait l'avouer, il y avait tant à faire pour tenir ce manoir que je comprenais d'une certaine façon ce soucis qui traversait ses yeux. La voix incertaine, comme si elle craignait de ne rien finir à temps, elle m'avait annoncé que bientôt un grand invité viendrait nous faire l'honneur de sa présence et, dès lors, je n'avais plus été capable que de me demander qui cela pouvait bien être. Une partie de moi, dont la douleur s'était apaisé avec les mois, souhaitait que ce soit Julius, mais une autre me soufflait que parfois faire des rencontres pouvait être bien plus bénéfique que de retrouver de vieux amis. Et, le secret bien gardé par les servantes qui toutes s'affairaient aux préparatifs, ne perçait pas une seule seconde. Je réfléchissais, en battant des jambes dans le vide, trouvant ma branche assez solide pour pouvoir faire le pitre dessus, je me demandais ce que signifiait ce "bientôt". Finalement, dans quelques mots, je courbais la branche de l'arbre pour pouvoir en descendre, m'agitant un peu dans le vide, suspendu au bois, pour parvenir à poser les pieds à terre. Quelque chose me disait que bien des choses allaient changées, parce qu'un invité au manoir, c'était bien la première fois que j'assistais à cela. En arrangeant un peu mes cheveux, attirant de ce fait le regard de ma gouvernante servant un thé sur la terrasse, je plissais les yeux, levant mon visage de poupée vers le ciel. Depuis quelques jours, les nuages ne quittaient plus les cieux, sans même qu'il ne pleuve, et cette chose au plus profond de moi qui avait tant sommeillé trépignait désormais d'impatience à l'idée d'être libérée, déchargée d'un poids trop grand pour elle.

Le soir venu, j'obéissais à l'ordre que mère avait communiqué par le biais de ma gouvernante et m'enfermais dans ma chambre. Posée à ma fenêtre, je regardais la forêt de laquelle rien ne sortait. Pas la moindre lumière, pas la moindre musique, rien qui ne puisse feindre le voile épais des ténèbres aux alentours. Et pourtant, toute la journée, j'avais rêvé de vie, de joie, ayant demandé mille fois à ma gouvernante de me raconter cette histoire où tout se fini si bien. Mais je n'étais pas une princesse, c'était une évidence. Et mes espoirs étaient placés bien trop haut, si haut que je ne pouvais moi-même pas les atteindre, malgré d'être hissée dans cette illusion sur la pointe des pieds. Finalement, le vent se leva. Je regardais avec lassitude, tentant de me dire que les lumières qui sortaient, faibles, par les fenêtres du rez-de-chaussée me permettraient peut-être de voir une silhouette si quelqu'un approchait. Mais il n'en fut rien. Pendant de longues minutes, alors que j'étais certaine d'être là depuis déjà une bonne heure, enfermée dans ma chambre comme Raiponce, rien ne se produisit. Des pas dans le couloir n'interpellèrent et, me retournant en cessant d'observer la fenêtre, je fixais la porte. Bientôt, les pas se figèrent devant celle-ci et, sans que je ne sache vraiment si mon instinct était à suivre ou pas, je me figeais sur place comme si ce simple fait allait me faire disparaître. L'air été vicié, il s'était levé peu après le vent, comme porté par celui-ci et, prise de tremblements, je tentais de me dire qu'il n'y avait absolument rien à craindre entre ces murs. Quelque chose griffa alors la porte et, tétanisée, je ne bougeais toujours pas d'un cil, retenant ma respiration désespérément.

Il fallait que j'en ai le cœur net. Malgré mes tremblements, j'avançais. Et, étrangement, le son de mes pas me sembla, dans ce silence bourdonnant, bien plus bruyant qu'il ne l'avait jamais été. Ma chambre, plongée dans l'obscurité, ne m'avait paru si effrayante. Ces murs, que je connaissais par cœur, ces meubles qui malgré d'êtres neufs me semblaient toujours familiers, ces draperies dont j'aurais su décrire jusqu'aux différents tons, tout me donnait l'impression de tendre vers moi des griffes prêtes à me saisir. Mais je devais être courageuse. Parce que quelque chose me semblait si différent de d'habitude que je savais certainement déjà au fond de moi-même que quelque chose n'allait pas. Malgré le sang qui me battait aux tempes, je tentais d'échapper à mon imagination et, tournant deux fois ma petite clé dorée dans la serrure de ma porte, je me décidais à ouvrir celle-ci pour sortir dans le couloir que la nuit ne savait éclairer. En ne remarquant personne, pas la moindre trace sur ma porte non plus, je déglutissais difficilement, avalant ma salive avec bien du mal par ma gorge serrée. Arpentant les couloirs, d'un pas lent, incertain, j'avais l'impression de re-découvrir ma propre maison, tombée dans un silence macabre. Au tournant d'un couloir, j'ouvrais un peu plus grand les yeux. Bleutées. Et virevoltant dans les airs. Des sortes de lucioles si nombreuses visitaient le passage. Non sans appréhension, après quelques instants de réflexion à les esquiver, je finissais par tendre la main, la passant au-travers l'une d'elle sans même m'en effrayer, n'ayant eu qu'un léger sursaut à la disparition de cette sphère minuscule et lumineuse.

Je les suivis, les laissant éclairer les couloirs dans lesquels sans elle je n'aurais certainement rien pu voir, jusqu'à arriver à l'escalier principal. Dans le hall, il n'y avait personne, et je n'entendais pas âme qui vive. Une main sur la rambarde, un pied sur une première marche, je me demandais si je pouvais quitter ces étranges bestioles pour aller voir si personne n'était en bas. Déjà, elles disparaissaient les unes après les autres et, en m'éloignant finalement de l'escalier, je choisissais de suivre leur chemin sans plus m'en éloigner. Elles m'amenèrent à un autre escalier, plus loin dans un couloir, qui montait et, indécise encore une fois, je me demandais si je pouvais vraiment braver l'interdit du deuxième étage. Ma mère m'avait toujours dit de m'en tenir éloigner, parce que l'on en prenait plus soin et qu'elle craignait que je ne m'y blesse sans que quiconque ne puisse venir m'y aider. En hochant la tête pour moi-même, regroupant mon courage, je gravissais les marches une à une, lentement, accélérant progressivement pour me donner un peu plus de vitesse, me rendre moi-même certaine que je ne reviendrais pas en arrière peu importe combien je pouvais en avoir envie.

Finalement, parvenue au deuxième étage, je regardais à travers le couloir principal de celui-ci toutes les toiles d'araignées et de poussière, pensant l'une et l'autre à la fois parce que je ne savais pas faire la différence, qui couvraient effectivement les grandes couvertures blanches sous lesquels des silhouettes se dessinaient. Les meubles ici étaient couverts, peut-être pour être préservés justement de ce temps qui semblait s'être arrêté. Je continuais à avancer, suivant ces drôles de lucioles jusqu'à ce qu'elles disparaissent, tentant toutes de passer à travers une porte contre laquelle elles se heurtaient sans bruit. Et l'envie soudaine d'ouvrir celle-ci me vint, pour voir si mes amies étranges étaient parvenues à passer à travers sans en mourir. Je posais ma main sur la poignée froide, me questionnant sur mon idée. Il valait peut-être mieux que j'aille chercher ma gouvernante, ou que je parte à la recherche de ma mère et des servantes. Bientôt, un petit rire me parvint aux oreilles, me faisant sursauter et lâcher la poignée. Il venait de derrière la porte. Un rire d'enfant. L'invité d'honneur aurait donc mon âge ?! Je posais de nouveau la man sur la poignée, avec force, et l'actionnais.

J'avais laissé ma vie derrière moi dès cet instant. Et tout ceux qui prétendaient comprendre cette dernière n'étaient qu'un caillou lancé dans l'eau. Mon eau, mon essence même, avait fondu dans l'Hiver le plus glacial et, plongées dans le silence, celles-ci avaient glacer chaque parcelle de vie en moi. Je n'avais pas été capable de bouger. Et tout, autour de moi, avait basculé si rapidement qu'y repenser me donnerait certainement encore le vertige. En rentrant dans cette pièce sombre, éclairée uniquement par ces lucioles magiques et bleutées, je n'avais tout d'abord trouver qu'une poupée assise sur une chaise face à un portrait. Puis celle-ci c'était mise à bouger, à rire, ses jambes bougeant d'avant en arrière dans le vide. Et dès lors, je ne répondais plus. Quelque chose m'avait coupé de la réalité. Une voix roque avait glissé dans mes oreilles, alors que la poupée riait encore tout bas, comme satisfaite, et ce fut la dernière chose que je pu entendre. Un grand éclair lumineux traversa la pièce de part en part, puis à travers une fenêtre ouverte je pu apercevoir la rage déferlée du ciel dans un coup de foudre. Quelqu'un sortit de l'ombre et, ne parvenant plus qu'à entendre les battements de mon cœur, je tremblais. Des yeux verts, et un visage que j'avais tant aimé. Un visage que je connaissais si bien. Je voyais ses lèvres remuer, mais je ne parvenais toujours pas à entendre son enchantement comme s'il m'était interdit. Un long voile blanc passa devant moi, cette silhouette écartant grand les bras avant qu'un flot vermillon ne se répande sur le sol dans sa chute. Que se passait-il vraiment ? Pourquoi étais-je sourde de la sorte ? Ma mère, effondrée sur le sol, auprès de laquelle je me ruais, murmurais encore, glissant sa main froide sur ma joue où les larmes étaient absentes. Je ne comprenais pas. Julius tira d'un coup sec le voile qui couvrait le portrait alors que la poupée descendu de la chaise se cachait derrière lui, et bientôt je découvrais pour la première fois qui avait permis ma venue sur cette basse terre. Il plaqua la main contre le toile, la bouche grand ouverte dans un discourt aux cris muets et, paniquée, je ne faisais crier à l'aide sans même m'entendre.

Lorsque le son revint, je pu entendre le crépitement des flammes qui avaient prit possession du  rez-de-chaussée, le rire infernal de cette poupée, et la voix de Julius qui affrontait celle de ma mère dont la caresse se vidait de force. Elle avait finit par partir. Elle allait me glisser entre les doigts. Et, pour la première fois, je réalisais ma propre cruauté à courir après un fantôme quand la gentillesse avait toujours été au-dessus de ma tête. Souvent, j'avais entendu des cris, une voix éplorée, provenir de cet étage interdit, et j'avais toujours feint l'ignorance la plus parfaite, comme si je savais que c'était là une frontière que je ne pouvais passer sans tout briser. Ma lâcheté détruisait tout mon monde. Mais mon ignorance n'avait rien été. Si l'on m'avait dit, si l'on avait su trouver la force de m'expliquer, j'aurais pu comprendre, apprendre, j'aurais su éviter tout cela. Ou c'était tout du moins ce dont je tentait de me persuader.

- Tu es fou, Julius. Et tu l'as toujours été. J'ai épousé un gentilhomme, je l'ai perdu après la naissance de ma fille. Tu as sombré dans la démence, à clamer qu'elle disparaîtrait un jour, qu'elle quitterait la maison pour un autre homme que toi. Regarde-toi, Julius... Regarde comme ta folie t'aveugle.

Ma mère, qui s'était redressé, ce flot vital glissant d'entre ses lèvres, le long de sa robe, vacillait comme le jonc qui se plie mais jamais ne se brise. Et, obéissant à un ordre sans son alors qu'elle me repoussait doucement, je me reculais sans m'apercevoir que la poupée avait pu rejoindre mon côté, bien qu'elle soit tombé. En s'accrochant à ma jambe, dans son rire que je ne pouvais plus supporter, elle me fixait de yeux qui me savaient bouger, qui ne savaient certainement voir, mais qui avaient tout de même été capable de déterminer ma localisation dans la pièce. Je me débattais, alors qu'elle escaladais ma jambe dans des bruits mécaniques secs, et finit par la repousser de toutes mes forces. Une fraction de seconde à peine, et ma mère retombait à nouveau, poussée sur le côté par Julius sur lequel elle s'était jeté pour tenter de l'empêcher de bouger. Elle n'avait plus la force d'utiliser sa magie. Et son corps n'était désormais plus que la seule défense qu'elle pouvait poser entre lui et moi. Sans prêter attention à la poupée dont le cou dans un angle étrange tremblait dans des sortes de petits tressautements, il s'approcha et se saisit de mon cou, me soulevant du sol. Désormais, les larmes étaient légion à mes yeux, en débordant bien vite alors que je me débattais, plantais mes ongles dans la peau de son bras en agitant mes jambes dans tout les sens. Je ne voulais pas mourir là. Je devais aider maman. Je devais retrouver tout le monde ! Finalement, bien malgré moi, sa poigne sur mon cou me sépara de mon souffle et, le corps prit de sortes de spasmes, je finissais par succomber, glissant dans les bras d'une lourde inconscience.

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| Suite au second post. |
 

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Dernière édition par Cassandra O'Kingheart le Mer 28 Jan - 12:53, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Cassandra O'Kingheart || Les mots dans le silence. [ E.C. ]   Mar 27 Jan - 8:28

:fuyons:

Oh mon Dieu, oh mon Dieu, oh mon Dieu ...
mqhffh
J'aime tellement ton personnage rien qu'en lisant son caractère **
Et l'avatar aussi **

Un lien, il nous faut un lien !

Bon, trêve de plaisanteries, je te valide tes codes, ils sont bons ^^ Bon curage pour la suite ~

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Merci pour les cadeaux 8):
 
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MessageSujet: Re: Cassandra O'Kingheart || Les mots dans le silence. [ E.C. ]   Mar 27 Jan - 8:51

coucou !!!
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MessageSujet: Re: Cassandra O'Kingheart || Les mots dans le silence. [ E.C. ]   Mar 27 Jan - 9:26

Remerciements:
 

En ouvrant les yeux, surprise de la lourdeur de mes paupières, je grimaçais de cette lueur qui dérangeait ma vue. La lumière du soleil. Il faisait donc jour ? En tentant de me redresser, j'observais comme mon corps refusait de se mouvoir, comme de pierre, et comme mon cou sur lequel j'avais tiré me faisait souffrir. Je sentais du tissu autour, et, intriguée, je tentais encore en vain de bouger mon bras pour toucher. Une voix brisa le calme léger, bercé par le chant d'oiseaux, et bientôt deux visages totalement étrangers se penchèrent vers moi, un grand sourire rayonnant aux lèvres. Qui étaient-ils ? Et que me voulaient-ils ? La réalité me frappa en plein visage. J'étais certainement morte. Et c'était peut-être là l'Enfer. Je ne méritais pas ma place au Paradis de toutes façons. Mes cheveux détachés lissés sur mon oreiller s'étirèrent alors que, dans un effort surhumain je tournais légèrement ma tête, la laissant tomber plus précisément. Je ne reconnaissais absolument rien à cette pièce. Mais elle débordait d'une clarté sublime, lui donnant une vie si précieuse. Des fleurs, sur la table de chevet près de moi, me dirent bonjour en premières et, sans plus parvenir à en pleurer, je songeais à celles que mère avaient planté. Elles étaient similaires. De petites fleurs violettes. Je tournais à nouveau la tête, trouvant ça un peu plus simple, un peu plus uniquement, cette fois-ci pour regarder où s'étaient déplacé les deux personnes qui s'étreignaient en poussant des cris de joie. Que pouvaient-ils bien en avoir à faire que j'ai ouvert les yeux ? Et depuis quand dormais-je ?

La femme, svelte, dont les cheveux bruns bouclés encadraient le visage tendre, saisit mon regard et, dans un sourire à la compassion m’écœurant presque, vint se poser sur le bord du lit près de moi, prenant entre ses mains des doigts que je ne savais plus comment bouger.

- Cassandra, n'aies pas peur. Tu n'as plus rien à craindre ici. Ta mère t'as confié à nous, et Mama et Papa prendront grand soin de toi. Mais tu dois rester sage, et ne pas bouger, ton corps est encore fatigué.

Je l'avais remarqué, et amèrement, mais j'étais bien incapable d'en faire la remarque dans l'ironie la plus sombre. Mes lèvres ne bougeaient pas non plus et, parvenant à peine à les entre-ouvrir, j'observais l'absence totale de ma voix, ne parvenant qu'à pousser mon souffle hors de ma gorge sans que mes cordes vocales ne vibrent. Je soupirais, en somme. Chaque parcelle de mon corps était douloureuse, à la fois engourdie de mon envie de me mouvoir et parfaitement consciente de cet été catastrophique qu'était le mien. Je tournais à nouveau la tête, en fermant les yeux, et tentais de ne penser à rien, malgré des idées toutes diverses vagabondant dans mon esprit en lançant l'histoire de ce qu'il m'était arrivé là en vrac. Je ne parvenais pas à remettre la moindre chose à sa place et, prenant sur moi, je tentais de ne pas m'enrager de mon inactivité. L'homme s'approcha à son tour, après avoir disparu quelques temps de la pièce, ses bruits de pas s'étant éloignés, avant de poser contre ma joue quelque chose de chaud et douillet. Je r-ouvrais les paupières sur une masse touffue d'un marron sombre, décorée de rubans en tout genres. Une peluche. Comme si je n'avais que ça à faire, comme si c'était là ce qui allait me consoler. Je me sentais vide, inutile et, en serrant les dents, je grognais comme je le pouvais, le son tremblant dans ma gorge. Si je ne pouvais pas bouger, alors ce que je voulais viendrais à moi. C'était ce que j'avais pensé, mais l'absence de ma voix ne m'aida pas. Et, en y réfléchissant, je n'avais absolument rien à attirer vers moi. Je retombais avec lourdeur dans la détente parfaite de mes muscles, souhaitant tout ignorer.

Les jours passèrent et la reconquête de mon propre corps fut fastidieuse. Mama, qui avait décidé elle-même de sur surnom à elle mais aussi de celui de Papa, passait chaque matin m'apporter à manger, m'aidant à avaler ce que je regardais toujours avec impassibilité. Sa gentillesse me touchait sincèrement, c'était vrai, mais faire preuve de temps de patience me laissait aussi réaliser à quel point je pouvais dépendre d'elle. Et, blessée de mon impuissance, je me refermais chaque jour un peu plus sur moi-même. Lorsqu'il me fut à nouveau permit de bouger, et que mon corps répondait plus ou moins continuellement à mes ordres, je ne fis plus que disparaître mes journées entières dans le grenier, dont je montais avec détermination les marches, cramponnée à la rambarde. Là-haut, il y avait tant de livres que j'y découvrais des ouvrages plus vieux que ceux dont je me souvenais à la bibliothèque du manoir. Dans cette perpétuelle re-découverte de mes moyens, je re-découvrais aussi ma magie. Elle ne m'obéissait plus, n'avait plus aucune mesure, comme si une autre forme de force dormait sous ma peau, tentant d'en détruire les cellules. Et cette marque, à mon cou, qui s'étendit de plus en plus sur les mois trahit mon histoire à chaque fois que je l'observais face au miroir. Ça n'avait été qu'un point sombre au début, qui avait finalement grossit jusqu'à prendre la presque forme d'un bourgeon. Et, peu à peu, le bourgeon avait fleurit. Je ne me souvenais pas un seul instant d'où elle pouvait bien provenir mais il était certain qu'elle n'avait rien de normal.

Finalement, je devins habituée à ce foyer où tout avait le goût de la nourriture que l'on fait sois-même, avec "amour". De moi-même, j'avais décidé de ne plus demander ce qu'il s'était passé au manoir mais, parfois, en sortant tard le soir de la maison, je regardais la forêt qui bordait le village et de laquelle je voyais dépasser le haut du manoir. Les gens me mettaient à l'écart, faisant courir la rumeur que je n'étais rien d'autre que la fille du Diable en personne, la fille de celui qui avait donné la vie de la façon interdite, et qui avait maudit tout un corps vivant. Et, ignorante, je ne savais quoi y répondre. De plus en plus isolée, de plus en plus esseulée, je finissais par me rendre à l'évidence du fait que les gens avaient peur de moi. Et, lorsque cela devint une habitude à son tour, lorsque je cru que j'avais enfin à nouveau le droit à un certain repos, n'étant plus touchée par les cailloux que l'on me projetait au visage au-dessus de mon corps, l'âme solidifiée par une armure complète, il fut temps pour moi de partir à nouveau d'un endroit que j'aurais pu appelé "foyer". Une lettre parvint à la maison et Mama, qui avait déjà préparé mes affaires sans me demander mon avis, passa la journée à m'enlacer. Lorsque la lumière du jour se mit à décliner, sans demander mon reste, je partais, petite demoiselle d'à peine 11 ans, pour une école dont j'ignorais tout.

Fedelmid. Invitée par l'esprit de cet établissement, Chryseis, je me rendis dans cet endroit si particulier sans même faire attention à la route que je du faire pour y parvenir. Je ne savais pas si je rentrerais. Mais, dans un sens, ça ne m'importait plus. Papa et Mama étaient des gens biens, et ils ne méritaient pas d'être si mal traités par les gens du village par ma faute. A l'école, la première année fut la plus dure. Moi qui avais l'habitude d'étudier au calme, je du me faire au tumulte permanent d'une classe, celle-ci ayant été choisie par l'esprit de l'école qui m'avait faite venir entre ses murs. Les années suivantes furent plus calmes, principalement parce que je ne réagissais plus à grand-chose, sinon à l'appel de la vengeance qui me hurlait sans cesse aux oreilles que mon corps, cas véridique, ne grandissait pas. La marque s'étalait, dangereusement, mais mes cheveux restaient les même, ma voix demeurant dans les aigus. Je devais reprendre ce qui m'appartenait. Et l'apprentissage, dans lequel je me plongeais corps et âme, saurait me donner un moyen d'exaucer mon vœu.


Dernière édition par Cassandra O'Kingheart le Mer 28 Jan - 12:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Cassandra O'Kingheart || Les mots dans le silence. [ E.C. ]   Mar 27 Jan - 12:32

Bienvenu Petite Cassy!!
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MessageSujet: Re: Cassandra O'Kingheart || Les mots dans le silence. [ E.C. ]   Mer 28 Jan - 12:55

    Merci Sei !
    & Je peux officiellement dire que ma présentation est terminée !
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Danger ambulant
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MessageSujet: Re: Cassandra O'Kingheart || Les mots dans le silence. [ E.C. ]   Mer 28 Jan - 19:05




Félicitations, Tu es VALIDÉE



Tu rejoins la Classe Ignimortis

Bienvenue parmi nous Cassandra o'Kingheart ! Tu es maintenant Validée, ce qui te donne accès au forum entier, et notamment à la partie consacré au RP, ainsi qu'au Flood. Mais n'allons pas trop vite en besogne tu veux ? Il y a quelques endroits où tu dois impérativement te rendre avant de faire le fou un peu partout.
Si jamais tu n'as ni amis ni curly, alors va faire un tour par ici, tu pourras y faire quelques connaissances : ce sont les demandes de liens !
Si tu n'es pas capable de discuter avec des gens sans tout organiser au préalable, rends-toi par : ce sont les demandes de RP.
Et enfin, pour pouvoir décider de tes éventuels colocataires, rends-toi à cet endroit. Parce que c'est dur de supporter une année entière des gens que tu ne peux pas encadrer !
Allez, un dernier truc pour la route ? Oui ! Pense bien à remplir ton profil, notamment pour qu'on connaisse ta classe, c'est important, et n'oublie surtout pas de venir recenser ton avatar par là !

Bon jeu !
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